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Parcoursup : la mention du lycée d'origine disparaîtra en 2028

Par Roman Thill

Le gouvernement a annoncé lundi 26 octobre que le futur outil remplaçant Parcoursup ne mentionnera plus le lycée d'origine des candidats. Une même note vaudra ainsi le même poids, quel que soit l'établissement où elle a été obtenue.

Parcoursup : la mention du lycée d'origine disparaîtra en 2028

Le gouvernement a tranché. À compter de 2028, les formations de l'enseignement supérieur ne connaîtront plus le lycée d'origine des candidats qui postulent via la plateforme nationale d'orientation. L'annonce a été faite lundi 26 octobre au soir par Édouard Geffray et Philippe Baptiste, ministres de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur, à l'issue d'une journée de consultations à Matignon consacrée à la crise lycéenne qui agite le pays depuis la fin septembre.

La réforme se fera en deux temps. Parcoursup, « adossé à la loi » selon Philippe Baptiste, sera d'abord amélioré dès la prochaine campagne, sur sa lisibilité et sa transparence, avant d'être purement et simplement remplacé en 2028 par un nouvel outil. C'est ce successeur qui actera la disparition de la mention du lycée d'origine dans les dossiers transmis aux formations.

Une proposition issue d'un rapport parlementaire

La mesure reprend une recommandation du rapport parlementaire présenté à l'Assemblée nationale le 17 février 2026 par les députés Pierrick Courbon (PS) et Frantz Gumbs (Démocrates). Selon ses auteurs, l'indication de l'établissement de provenance « peut constituer une source de discrimination territoriale ». L'argument a visiblement porté auprès d'un exécutif en quête de gestes forts pour apaiser un mouvement de jeunesse dont l'intersyndicale étudiante, FAGE, UNEF, Union étudiante et Union syndicale lycéenne en tête, a d'ores et déjà annoncé qu'elle poursuivrait la mobilisation malgré les annonces.

Jusqu'ici, les dossiers Parcoursup étaient anonymisés sur le nom, le prénom, l'adresse et l'âge du candidat, mais le lycée d'origine restait visible des jurys. Or certaines formations sélectives, classes préparatoires en particulier, s'en servaient pour pondérer les résultats scolaires. Une pratique défendue par une partie du monde enseignant : tous les 15 sur 20 ne se valent pas, et lire une note sans savoir d'où elle vient revient à traiter comme équivalents des parcours qui ne le sont pas.

Juger sans contexte, un risque assumé

C'est précisément ce que soulignait Ouest-France le 16 octobre dernier : « Juger sans contexte, c'est prendre le risque d'augmenter les erreurs de sélection ». L'avertissement n'aura pas été entendu. Désormais, un 15 sur 20 obtenu à Henri-IV ou à Louis-le-Grand, où la sélection s'opère dès l'entrée et où le niveau d'exigence est notoirement élevé, pèsera exactement autant que le même 15 sur 20 décroché dans un lycée de zone d'éducation prioritaire. Pour les élèves des grands établissements parisiens et de province, dont les professeurs notent traditionnellement avec sévérité, la mesure revient à gommer l'effort fourni dans un cadre exigeant.

Les partisans de la réforme y voient un progrès d'équité. Ses détracteurs répondent que l'égalité réelle suppose au contraire de tenir compte des conditions dans lesquelles les résultats ont été obtenus, et que l'uniformisation des dossiers pénalisera les élèves les plus méritants au profit d'une lecture mécanique des chiffres. La question n'est pas neuve : dès avril 2026, le site L'Étudiant notait que la place dans la classe comptait souvent davantage que le lycée d'origine, et que le ministère de l'Enseignement supérieur n'envisageait alors pas d'anonymiser cette information. Huit mois plus tard, sous la pression de la rue, la position a basculé.

Un paquet de mesures pour calmer la mobilisation

Cette annonce s'inscrit dans un ensemble plus large destiné à répondre à la colère lycéenne : plafonnement des classes de seconde à 28 élèves, création de places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, enveloppe de 4 milliards d'euros pour la rénovation des établissements et prêts à taux réduit pour les étudiants. Édouard Geffray s'est engagé sur la mise en œuvre effective du programme : « Aucune des décisions que nous prenons n'est une promesse en l'air. Tout ce que nous disons sera fait et sera respecté dans des délais précis et de manière chiffrée », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse. Le ministre a également indiqué que 101 000 contributions avaient été déposées sur la plateforme de consultation des lycéens, et que 3 000 établissements sur 3 700 y avaient participé.

Certaines mesures passeront par des amendements gouvernementaux au projet de loi de finances, d'autres par des chantiers de plusieurs mois. Reste que le remplacement de Parcoursup, exigence centrale des cortèges où fleurissaient les pancartes contre « l'algorithme », devra encore faire l'objet d'une loi. D'ici là, le débat sur ce que l'on doit savoir, ou ne plus savoir, d'un candidat avant de le sélectionner, ne fait que commencer.

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