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Immigration

Pour Laurent Nuñez, pas question que l'Espagne quitte Schengen : la libre circulation avant tout

Par la rédaction Le Rempart

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a exclu toute sortie de l'Espagne de l'espace Schengen, alors que Madrid fait face à une pression migratoire croissante aux Canaries et à Ceuta. Une prise de position qui fait grincer des dents à droite.

Pour Laurent Nuñez, pas question que l'Espagne quitte Schengen : la libre circulation avant tout

Voilà une déclaration qui a le mérite de la clarté. Interrogé sur la crise migratoire qui secoue l'Espagne, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a tranché sans trembler : il est hors de question que l'Espagne quitte la zone Schengen. Peu importe que des milliers de migrants débarquent chaque mois aux Canaries, peu importe que Ceuta et Melilla vivent sous pression constante. Le dogme de la libre circulation européenne, lui, ne se discute pas.

Schengen, ce totem intouchable

On aurait pu attendre d'un locataire de Beauvau un minimum de lucidité. Las. Pour le ministre, remettre en cause la présence espagnole dans l'espace Schengen serait visiblement un sacrilège plus grave que l'arrivée continue de clandestins sur le sol européen. Une fois entrés en Espagne, rappelons-le, ces migrants peuvent ensuite circuler librement jusqu'à Menton, Hendaye ou Strasbourg. La frontière espagnole, c'est aussi la nôtre. Monsieur Nuñez le sait pertinemment.

L'Espagne enregistre pourtant des chiffres qui donnent le vertige. Les arrivées par la route atlantique vers l'archipel des Canaries ont explosé ces derniers mois, au point que les autorités locales parlent d'une situation saturée. Madrid elle-même réclame de l'aide à Bruxelles. Mais questionner Schengen ? Surtout pas. On préfère gérer l'urgence avec des pansements plutôt que de soigner la plaie.

La libre circulation, quitte à circuler librement chez nous

Car c'est bien là le nœud du problème que le ministre préfère éluder. L'espace Schengen n'est solide que si ses frontières extérieures le sont. Quand un État membre ne contrôle plus ses côtes, ce sont vingt-sept pays qui héritent des conséquences. La France, première concernée géographiquement, voit transiter sur son territoire une partie de ces flux, avec les coûts d'accueil, de sécurité et d'administration que le contribuable connaît bien.

Plutôt que d'exiger de Madrid des contrôles drastiques ou d'envisager des suspensions ciblées de Schengen, option pourtant prévue par les textes européens en cas de menace grave, le gouvernement choisit la posture. On verrouille le débat, on brandit l'étendard européen, et on laisse les maires des communes frontalières se débrouiller avec l'insécurité et la saturation des services publics.

Un dogme qui coûte cher

Défendre Schengen coûte que coûte, c'est refuser de voir que l'édifice européen s'est transformé en passoire institutionnalisée. Les règles de Dublin sont mortes, les renvois vers les pays d'origine plafonnent à des niveaux dérisoires, et Frontex fait office de service de navettes plus que de garde-frontières. Mais rassurez-vous : à Beauvau, tout va bien.

Il y a quelque chose d'admirable, à force, dans cette constance. Peu importe la réalité du terrain, la priorité reste de ne jamais fâcher Bruxelles. Les Français, eux, apprécieront de savoir que la circulation des migrants est garantie, quand la leur se fait dans des trains bondés qu'ils financent.

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