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Bally Bagayoko fait le signe de JuL à Marseille sur fond de « billets de 100 »

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Le maire LFI de Saint-Denis a publié dimanche une vidéo de sa journée marseillaise : signe de JuL, danses dans la rue et, en musique de fond, un morceau de Mauvais Djo où l'on fume le « doré » de Tanger.

Bally Bagayoko, Ally Diouara et Sébastien Delogu réunis à Marseille pour protester contre la fermeture du marché du soleil. Photo : Compte instagram de @lesfarandoleurs
Bally Bagayoko, Ally Diouara et Sébastien Delogu réunis à Marseille pour protester contre la fermeture du marché du soleil. Photo : Compte instagram de @lesfarandoleurs

Bally Bagayoko, maire La France insoumise de Saint-Denis et de Pierrefitte-sur-Seine, a publié sur X, le dimanche 1er novembre au soir, une vidéo d'une minute quarante-six tournée à Marseille, où il tenait un meeting populaire aux côtés du député insoumis des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu.

On l'y voit reproduire le signe de mains du rappeur JuL, danser dans la rue et plaisanter avec des habitants, sur le morceau « 12 » de Mauvais Djo.

Le message qui accompagne les images tient en une ligne : « Une belle journée à Marseille aujourd'hui avec l'Alliance des Numéros 10 des quartiers populaires ! » Le maire de Saint-Denis, élu au premier tour en mars, préside aussi l'intercommunalité Plaine Commune et s'adresse sur ce compte à près de 100 000 abonnés.

Bally Bagayoko apprend le signe de JuL

La vidéo s'ouvre sur une leçon. Une jeune femme montre au maire la position des doigts, « et les pouces comme ça », et Bally Bagayoko s'exécute devant l'objectif, les deux mains dessinant le J et le L. Un court extrait inséré au montage répète « ça fait JuL », pour le cas où le spectateur n'aurait pas reconnu.

Le premier magistrat de la deuxième ville d'Île-de-France maîtrise désormais deux lettres de l'alphabet marseillais.

La suite tient du clip de tournée. Le maire danse devant une devanture avec un groupe de jeunes femmes, esquisse quelques pas au bras d'une habitante âgée face à un micro tendu, échange des accolades dans la rue.

En terrasse, une phrase sous-titrée donne le ton : « Il est comme ça le maire, moi je le kiffe. » Viennent ensuite la foule du meeting, les téléphones levés et un drapeau palestinien à un balcon.

Ce que chante Mauvais Djo dans « 12 »

Pour habiller ces images, le maire a retenu « 12 », un titre de Mauvais Djo paru en septembre sur le projet L'undertaker, Pt.2. Le refrain livre sa philosophie : « Les jaloux s'empilent comme mes billets de 100. »

Le narrateur y précise aussi qu'il « fume le doré », « venu de Tanger », le doré désignant ici une résine de cannabis venue du Maroc.

Le texte ne s'arrête pas là. Le chanteur assure que ses ennemis ont « de la chance » parce qu'il n'a pas sur lui son « mbeli », sa lame, et confie : « J'ai des envies de leur trouer le bide, mais j'ai pas mon mbeli. »

Un élu peut écouter la musique qu'il veut chez lui. Il choisit en revanche celle qui accompagne sa communication de maire, publiée sous son titre officiel.

Un maire peut-il faire la promotion de ce rap ?

JuL est le rappeur le plus écouté de France, et personne ne reproche à un Marseillais de l'aimer. Ses textes font pourtant une large place au cannabis et aux motos cabrées.

Dans « Beuh à la noix de coco », il chante « J'fume la beuh à la noix d'coco », et dans « Sors le cross volé », « cabre même si la roue est voilée ». Ces rodéos urbains, la loi du 3 août 2018 les punit d'un an de prison.

Un maire n'est pas un spectateur comme un autre. Dans sa commune, il est officier de police judiciaire et chef de la police municipale, celui à qui ses administrés demandent de faire cesser les rodéos et les trafics.

Mettre en scène sa propre bonne humeur sur un éloge du cannabis marocain et des liasses n'est pas sérieux, surtout quand le public visé est la jeunesse des quartiers que l'élu prétend défendre.

Mardi, la publication dépassait les 37 000 vues et approchait les 1 700 mentions « j'aime ».

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