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Infirmière plaquée au sol à Montpellier : elle aurait lancé « ta mère la chienne » aux gendarmes

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Une caméra-piéton aurait enregistré l'infirmière du lycée Jean-Monnet insultant les gendarmes. Libérée lundi sans poursuites, elle était défendue par la gauche et les syndicats, qui dénonçaient une « répression ».

Le lycée Jean Monnet était fermé et bloqué par les lycéens ce mardi 3 novembre au matin, après l'arrestation musclée de l'infirmière du lycée par les CRS. Photo : Hérault Tribune, photographe @G.G
Le lycée Jean Monnet était fermé et bloqué par les lycéens ce mardi 3 novembre au matin, après l'arrestation musclée de l'infirmière du lycée par les CRS. Photo : Hérault Tribune, photographe @G.G

Le parquet de Montpellier a rouvert, mardi 3 novembre 2026, l'enquête visant l'infirmière scolaire de 53 ans plaquée au sol et menottée la veille devant le lycée Jean-Monnet, bloqué par des élèves. Selon Midi Libre, une caméra-piéton des forces de l'ordre aurait enregistré l'infirmière insultant les gendarmes : « fils de p... », « ta mère la chienne », « va n... ta mère ». Elle avait été relâchée lundi soir sans poursuites.

Ce qui s'est passé lundi devant le lycée Jean-Monnet

Lundi 2 novembre, jour de la rentrée après les vacances de la Toussaint, le mouvement lycéen reprend à l'appel de plusieurs syndicats. À Montpellier, les élèves de Jean-Monnet barricadent le portail d'accès dès le début de matinée. Les forces de l'ordre interviennent pour lever le blocage. Des enseignants et des membres du personnel, dont l'infirmière, forment alors un cordon devant les lycéens.

Une vidéo amateur, rapidement devenue virale, montre l'infirmière s'adresser vivement aux forces de l'ordre, puis être saisie, plaquée face contre terre et menottée. Selon la police, son interpellation est intervenue après plusieurs sommations. Deux lycéens ont également été interpellés ce matin-là.

Placée en garde à vue, l'infirmière était soupçonnée d'outrage, de rébellion et de participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser. Elle est ressortie libre en début de soirée. Le parquet a classé la procédure, estimant l'infraction « insuffisamment caractérisée ».

La caméra-piéton qui relance l'enquête

Le classement n'aura duré qu'une nuit. Le procureur de la République de Montpellier a indiqué que la procédure était rouverte après la transmission, une fois la garde à vue levée, d'« éléments objectifs nouveaux à caractère numérique ». Les enquêteurs ont procédé à de nouvelles auditions et exploitent l'enregistrement d'une caméra-piéton.

Sur cette séquence, d'après Midi Libre, l'infirmière aurait « insulté ouvertement et de manière très violente les gendarmes ». Les injures rapportées par le quotidien régional sont « fils de p... », « ta mère la chienne » et « va n... ta mère ». Ces propos auraient précédé la réaction des agents. L'enregistrement n'a pas été rendu public, et c'est désormais aux enquêteurs d'en établir le contenu et le contexte.

La gauche avait jugé l'affaire en quelques heures

Dès lundi, la vidéo de l'interpellation avait suffi à la gauche locale. La députée LFI de l'Hérault Nathalie Oziol l'a repartagée. Son collègue insoumis Sylvain Carrière a dénoncé un « scandale » sur X, en interpellant le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez : « Votre répression ne fera pas taire les revendications ! » Le député avait l'image. Il lui manquait le son.

Les syndicats Snes-FSU et Snics-FSU ont eux aussi dénoncé une « répression », reprochant aux autorités d'« organiser des charges policières sur des jeunes qui chantent pour demander de meilleures conditions d'enseignement ». Le Snics-FSU, qui représente les infirmières de l'Éducation nationale, prenait ainsi la défense d'une collègue, sur la foi des seules images de l'interpellation.

Des parlementaires ont par ailleurs adressé au parquet un signalement au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, qui oblige toute autorité publique à dénoncer un délit dont elle a connaissance, sur les conditions de l'interpellation. Le parquet l'examine avant de décider d'une éventuelle enquête.

Deux procédures pourraient donc avancer de front : l'une sur la vigueur des gestes des forces de l'ordre, l'autre sur les mots de l'infirmière.

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