Tournefeuille : un lycée incendié par des individus cagoulés aux mortiers d'artifice
Par Dimitri Scudo
Jeudi 5 novembre au matin, des individus cagoulés ont attaqué aux mortiers d'artifice le lycée Françoise de Tournefeuille, près de Toulouse, et mis le feu à la vie scolaire. Aucun blessé, l'établissement est fermé.
Des individus cagoulés ont attaqué aux mortiers d'artifice le lycée polyvalent Marie-Louise Dissard-Françoise de Tournefeuille (Haute-Garonne), à l'ouest de Toulouse, jeudi 5 novembre 2026 en début de matinée. Les tirs ont déclenché plusieurs départs de feu, dont un dans les locaux de la vie scolaire, et des vitres ont été brisées. Selon la préfecture, personne n'a été blessé. La proviseure a fermé l'établissement pour la journée et renvoyé les élèves chez eux.
Ce qui s'est passé jeudi matin au lycée Françoise de Tournefeuille
Les premières tensions éclatent vers 8 heures aux abords du lycée, d'après des témoignages recueillis par La Dépêche. Un groupe de jeunes cagoulés revient ensuite à la charge. Vers 8 h 30, plusieurs personnes s'introduisent dans l'enceinte, et des vidéos tournées sur place montrent des casseurs à l'intérieur d'un bâtiment. Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie, a diffusé des images où au moins une salle apparaît entièrement détruite.
Les pompiers interviennent pour éteindre les flammes et sécuriser les bâtiments. À 10 heures, ils sont encore sur place, et la préfecture demande aux riverains et aux passants d'éviter le secteur. Selon le syndicat policier Unité Occitanie, du matériel des pompiers a été volé pendant l'intervention.
La proviseure décrit « une vraie scène de guérilla »
Pour la proviseure, citée par La Dépêche, la matinée est une « catastrophe » et « une vraie scène de guérilla ». Les enseignants ont quitté les lieux avec les élèves. Une professeure, encore sous le choc, refuse de voir dans l'attaque une mobilisation lycéenne et décrit « des individus venus pour terroriser, saccager et incendier ». Elle dit pourtant soutenir les revendications des lycéens, qu'elle juge mal entendues par le gouvernement.
Le lycée Françoise n'en est pas à son premier assaut. Les cours y sont régulièrement perturbés depuis le début du mouvement lycéen, et l'établissement avait déjà été pris pour cible lors de manifestations précédentes. Au cours de l'une de ces attaques, la proviseure avait été blessée et conduite à l'hôpital. L'équipe éducative se demande désormais comment rétablir la confiance avec des élèves qui ont, selon elle, tenté à plusieurs reprises d'incendier leur propre lycée.
Kamel Chibli s'est dit « profondément en colère » sur X : « Ceux qui se rendent coupables de tels actes doivent être identifiés, retrouvés et sanctionnés ». La Région Occitanie, propriétaire des murs, aura la charge de la remise en état. Le contribuable occitan, qui finance la Région, réglera donc la note de la matinée sans avoir été invité à la manifestation.
Le mouvement lycéen a repris après les vacances de la Toussaint
L'attaque survient le jour d'une mobilisation générale contre la vie chère, à l'appel des syndicats, que des lycéens comptaient rejoindre l'après-midi à Toulouse. Le mouvement lycéen, engagé depuis fin septembre, réclame davantage de moyens pour l'Éducation nationale et dénonce la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés et les bâtiments dégradés. À Tournefeuille, ce dernier grief compte désormais un exemple de plus.
Début octobre, après quelque 900 actions menées devant des lycées, Matignon dénonçait déjà des « violences urbaines » et le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, « une violence débridée ». Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, avait demandé aux procureurs généraux une « grande fermeté » dans la réponse pénale. Le mouvement a repris lundi 2 novembre, à la rentrée, avec de nouveaux blocages dans plusieurs villes.
Ce jeudi, la fermeté s'est d'abord exprimée à Toulouse, où le préfet de la Haute-Garonne a interdit le centre-ville au cortège syndical de l'après-midi, une interdiction validée par le tribunal administratif. Le lycée de Tournefeuille, lui, se trouvait en périphérie, et l'attaque a commencé vers 8 heures. Le mouvement réclame de meilleures conditions d'études : les élèves de Tournefeuille ont perdu jeudi une journée de cours et au moins une salle.
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