Clémence Guetté, fumeuse assumée, promet d'éviter 50 % des cancers grâce à l'écologie
Par Dimitri Scudo
Mercredi, la députée LFI a présenté le plan santé de Jean-Luc Mélenchon et promis d'« éradiquer » les « maladies écologiques ». Le tabac, première cause de cancer évitable, est un sujet qu'elle connaît de près.
La députée insoumise du Val-de-Marne Clémence Guetté, vice-présidente de l'Assemblée nationale et coordinatrice du programme de La France insoumise, a dévoilé mercredi 4 novembre le volet santé du projet de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2027. Sur X, elle en a résumé l'ambition : « 50% des cancers sont évitables. Ce sont les maladies écologiques : notre programme vise à les éradiquer. »
Ce que promet le plan santé de Clémence Guetté
Le plan, publié sur le site de campagne du candidat, précède L'Avenir en commun, dont la nouvelle version est attendue vendredi 6 novembre. Il promet de réduire l'exposition des Français aux substances toxiques et à l'habitat insalubre, de rendre le Nutri-score obligatoire sur tous les produits, d'abaisser les seuils de sel, de gras et de sucre dans les aliments transformés, et d'instaurer une Sécurité sociale qui rembourserait tout à 100 %.
Le volet hospitalier suit la même pente : réouverture de lits, formation et recrutement de soignants, services publics de santé étendus aux quartiers prioritaires, aux zones rurales et aux outre-mer. Mais la vitrine du plan reste la promesse sur les cancers, celle que la députée a choisi de mettre en avant sur X, avec un chiffre rond et un ennemi désigné : l'environnement.
D'où vient le chiffre de 50 % des cancers évitables ?
Le chiffre de la députée dépasse celui de son propre programme. Le texte de La France insoumise retient 40 % de cancers évitables, à condition de réduire les risques environnementaux et ceux liés au mode de vie. Entre le site de campagne et le réseau social, la promesse a gagné dix points en route, ce qui est beaucoup pour une statistique et peu pour un slogan.
Ce 40 % reprend l'estimation du Centre international de recherche sur le cancer : en France, quatre cancers sur dix diagnostiqués en 2015 étaient attribuables à des facteurs de risque connus. Dans ce calcul, le mode de vie pèse bien plus lourd que le paysage. Le tabac arrive en tête, avec 20 % des nouveaux cas, soit 68 000 malades en une seule année. L'alcool suit, avec 8 %.
Ranger ces cancers parmi les « maladies écologiques » revient donc à mettre au compte des pollueurs ce qui relève d'abord du paquet de cigarettes et du verre de trop. Le programme écrit lui-même « mode de vie », ce qui est honnête. La formule publiée sur X, elle, a choisi son coupable, et ce n'est pas le consommateur.
Clémence Guetté et la cigarette
Le premier facteur de cette liste, Clémence Guetté le fréquente de près. La députée ne cache pas qu'elle fume : depuis 2022, les images d'elle cigarette à la main circulent sur les réseaux sociaux, au point d'être devenues un motif récurrent de plaisanterie, chez ses partisans comme chez ses adversaires. Elle s'y affiche sans gêne, ce qui est son droit le plus strict.
Fumer reste une liberté, et nul n'a à surveiller les poumons d'une élue. Le contraste tient au plan lui-même, qui ne se contente pas de viser les industriels. Nutri-score obligatoire, seuils de sel et de sucre abaissés : il entend corriger l'assiette de chaque ménage. L'État veillerait sur la salière des Français, pendant que l'auteure du plan garde la main sur son briquet.
La leçon a donc deux étages. Pour les autres, l'alimentation à encadrer et les pollueurs à poursuivre ; pour soi, la première cause de cancer évitable du pays, rangée hors du chapitre écologique. Le programme complet, L'Avenir en commun, sera présenté vendredi. Sa coordinatrice aura le temps d'en relire les pages sur la prévention, le temps d'une pause.
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