Mairie de Paris : des plannings truffés d'erreurs auraient fait lever des gardes à vue d'animateurs
Par Dimitri Scudo
Selon Le Parisien, des plannings erronés de la Ville de Paris ont servi à écarter des animateurs du périscolaire mis en cause. La Ville reconnaît ne pas avoir signalé ces erreurs à la justice et promet de le faire « au plus vite ».
Les plannings du périscolaire de la Ville de Paris sont « truffés d'erreurs », et ces erreurs ont pesé sur des enquêtes pour violences sexuelles, révèle Le Parisien mercredi 4 novembre 2026. Selon l'avocate de quatre familles, des animateurs ont été mis hors de cause car ils n'étaient pas censés être seuls avec les enfants ces jours-là.
La Ville de Paris reconnaît une partie du problème. Lors d'une réunion publique avec des parents, la cheffe des affaires scolaires (Dasco) et Anne-Claire Boux, adjointe chargée des affaires scolaires, ont reconnu ne pas avoir transmis directement ces éléments à la justice. Elles promettent d'y remédier : « Et nous retravaillons pour les transmettre au plus vite. »
Comment des plannings erronés ont pesé sur les enquêtes
Dans une affaire de violences sur un enfant, l'emploi du temps de l'adulte mis en cause est souvent la première pièce examinée. Si le planning le place en binôme, ou ailleurs, l'accusation perd l'essentiel de sa force. Encore faut-il que ce planning dise vrai. À Paris, il semble qu'il se soit contenté d'être officiel.
Me Marie Grimaud, avocate de quatre familles de victimes, résume la situation sans détour : « C'est grave. Extrêmement grave. » Selon elle, dans plusieurs dossiers, des gardes à vue ont été levées et des classements sans suite prononcés sur la foi de ces documents. Si elle dit vrai, la pièce qui devait trancher était la moins fiable du dossier.
Deux logiciels de la Ville de Paris qui ne se parlent pas
L'explication est d'une simplicité administrative. Le logiciel de la paie et celui de la Caspe, le service qui affecte les animateurs dans les écoles selon les besoins, ne communiquent pas entre eux. Pour une administration qui gère environ 14 000 animateurs, savoir qui se trouve dans quelle école relève pourtant du registre de base.
L'inspection générale de la Ville avait pourtant mené une enquête administrative sur le périscolaire. Elle n'a pas relevé ce dysfonctionnement. Interrogé devant les parents, l'inspecteur général a eu cette réponse : « Ce n'était pas dans nos missions. » Vérifier que l'on sait qui garde les enfants, à quelle heure, ne figurait donc pas parmi les priorités.
Le périscolaire parisien, une crise qui dure
L'affaire s'ajoute à un dossier déjà lourd. Emmanuel Grégoire a annoncé que 132 animateurs avaient été suspendus depuis le début de l'année, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Le maire a confié une commission d'enquête indépendante à l'ancien juge des enfants Antoine Garapon.
La procureure de Paris, Laure Beccuau, a lancé des investigations visant Emmanuel Grégoire et sa prédécesseure Anne Hidalgo, après des plaintes de familles qui leur reprochent d'avoir laissé les alertes sans suite. La mairie avait déjà promis un plan de 20 millions d'euros. Elle découvre aujourd'hui qu'il lui faudra aussi savoir où sont ses agents.
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