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Corse : les rugbymen d'Ajaccio délogent des gens du voyage en moins d'une heure

Par la rédaction Le Rempart

Des gens du voyage ont installé leurs caravanes sur un terrain de rugby en Corse. À Ajaccio, les joueurs du club local sont intervenus eux-mêmes et les ont délogés en moins d'une heure.

Corse : les rugbymen d'Ajaccio délogent des gens du voyage en moins d'une heure

Il aura suffi d'une poignée de minutes, là où l'administration française met habituellement des semaines, quand elle ne met pas des mois. Des gens du voyage ont décidé de s'installer avec leurs caravanes sur un terrain de rugby en Corse. Erreur de casting : le terrain appartient au monde du ballon ovale ajaccien, et les rugbymen d'Ajaccio n'ont pas attendu l'arrivée des forces de l'ordre pour régler le problème. Moins d'une heure aura été nécessaire pour déloger les occupants, montre en main.

Une expulsion express, façon mêlée

La scène s'est déroulée sur un terrain de rugby de la cité impériale. Alertés de l'installation sauvage, les joueurs du club se sont rendus sur place et ont procédé eux-mêmes à l'évacuation des caravanes. Pas d'huissier, pas de référé, pas de trêve hivernale invoquée : un groupe d'hommes déterminés, un timing chronométré, et un terrain récupéré. Le tout en moins de soixante minutes, un record que n'importe quelle préfecture française pourrait méditer.

Car c'est bien là que l'affaire prend toute sa saveur. En règle générale, l'expulsion d'une installation illégale de gens du voyage relève d'un parcours du combattant : délai de 48 heures pour saisir le juge, procédure devant le tribunal judiciaire, intervention de la force publique subordonnée à un concours de circonstances souvent décourageant. Les communes disposent pourtant d'outils, notamment lorsque le terrain est municipal ou sportif, mais entre la loi et son application, il y a ce que les élus appellent pudiquement des «contraintes opérationnelles».

Quand les citoyens font le travail

À Ajaccio, les rugbymen ont donc court-circuité tout cela. La méthode fera grincer des dents les juristes et les belles âmes : une expulsion privée, même sur un terrain sportif privé, ne se substitue pas aux voies de droit. Reste que le résultat est là, et qu'il interroge. Pourquoi des sportifs parviennent-ils en une heure à ce que l'État, ses préfets et ses policiers peinent à obtenir en plusieurs semaines ?

La réponse tient en deux mots : volonté et absence de complexe. Les contribuables, eux, observent. Ils financent des aires d'accueil, des forces de l'ordre, des procédures judiciaires, et constatent qu'un vestiaire de rugby règle en 60 minutes ce que toute la chaîne administrative laisse pourrir. On appellera cela de l'efficacité locale, ou le constat d'un État qui a renoncé.

La scène ajaccienne restera sans doute une anecdote. Mais elle dit quelque chose du rapport de force actuel entre les citoyens et une administration tétanisée par ses propres textes. Sur le terrain, au moins, la mêlée a tenu bon. En moins d'une heure, le terrain a été rendu à ceux qui l'entretiennent. Voilà qui devrait inspirer plus d'un préfet, si tant est qu'ils regardent encore le rugby.

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