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Insolite

Antibes : des rats pullulent près d'une zone commerciale, les riverains pointent un campement installé en toute impunité

Par la rédaction Le Rempart

À Antibes, des commerçants et habitants d'une zone commerciale dénoncent une prolifération de rongeurs qu'ils attribuent à l'installation de dizaines de caravanes à proximité. La mairie temporise, les pièges restent dans les cartons.

Antibes : des rats pullulent près d'une zone commerciale, les riverains pointent un campement installé en toute impunité

Les commerçants antibois ont l'habitude de gérer les flux touristiques et les files d'attente estivales. Depuis quelques semaines, ils doivent composer avec une clientèle beaucoup moins attendue : des colonies de rats qui s'affairent en plein jour derrière les boutiques, entre les bennes à ordures et les parkings de la zone commerciale. Les riverains n'hésitent plus à montrer du doigt la cause du désordre : l'installation, il y a plusieurs semaines, de dizaines de caravanes occupées par des familles roms sur un terrain attenant, sans autorisation, sans raccordement à l'eau potable, et donc sans la moindre gestion des déchets.

Le constat des riverains

Sur place, le tableau se passe de commentaires. Tas d'ordures accumulés, eaux stagnantes, restes de nourriture dispersés : tout ce qu'il faut pour transformer un parking en buffet à ciel ouvert pour rongeurs. Plusieurs commerçants affirment avoir dû faire intervenir des dératiseurs à leurs frais, pendant que la facture, elle, s'additionne tranquillement. Certains disent carrément avoir perdu des clients, effrayés par la promenade impromptue d'un rat entre deux vitrines. Ambiance.

Une habitante du secteur résume assez bien l'humeur générale : « On nous demande de faire preuve de solidarité, très bien. Mais qui est solidaire des gens qui vivent ici toute l'année et paient leurs impôts ? » Question honnête, réponse introuvable.

L'indulgence municipale, une tradition locale

Car le vrai sujet, ici, ce n'est pas tant le campement que l'inaction des pouvoirs publics. Les procédures d'évacuation traînent, comme toujours. Entre les recours, les études préalables, les grandes délibérations et la peur panique de paraître peu charitable, la mairie temporise. Pendant ce temps, les rats, eux, ne temporisent pas. Ils prolifèrent, au sens propre, et l'insécurité sanitaire s'étend mètre après mètre.

On notera l'ironie de la situation dans une ville qui parvient par ailleurs à faire la une pour l'avenir de ses dauphins de Marineland, objet de tractations nationales entre Beauval, Madrid et Bercy. Les cétacés mobilisent les ministres et les chaînes d'info. Les riverains de la zone commerciale, eux, se débattent avec leurs sacs-poubelle et leurs appels restés sans réponse. Chacun ses priorités.

Les commerçants paient, encore et toujours

Au final, la mécanique est rodée : l'État regarde ailleurs, la collectivité botte en touche, et le contribuable local règle l'addition. Les commerçants financent leurs propres dératisations, assument la dégradation de leur image, et attendent qu'un élu daigne un jour appliquer la loi sur les occupations illicites de terrains. On parie qu'ils attendront longtemps. Les rats, en revanche, ne semblent pas pressés de partir. Eux au moins ont trouvé une administration qui les laisse prospérer en paix.

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