Marine Tondelier se dit victime d'ingérences étrangères qui voudraient l'empêcher de prendre le pouvoir
Par la rédaction Le Rempart
La secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier affirme être la cible d'ingérences étrangères qui « auraient tout intérêt à ne pas la voir prendre le pouvoir en France », alors que la présidentielle 2027 domine déjà le débat politique.
On croyait avoir tout entendu. C'était avant que Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, ne dégaine à son tour le joker de l'ingérence étrangère. Selon elle, des puissances étrangères « auraient tout intérêt à ne pas la voir prendre le pouvoir en France ». Rien de moins. La cheffe d'un parti qui peine à peser dans les sondages serait donc devenue une menace stratégique pour des États entiers.
Une invocation devenue réflexe
L'argument n'est pas neuf. Ces dernières années, l'ingérence étrangère est devenue l'explication passe-partout des formations politiques en difficulté. On l'a entendue à gauche, à droite, au centre. Elle dispense de l'autocritique : ce ne sont pas les électeurs qui boudent, ce sont des mains invisibles qui manipulent. Que Mme Tondelier s'en saisisse à son tour en dit long sur l'état du débat public, où la victimisation tient lieu de programme.
Car pendant que la patronne des Écologistes se rêve en cible du Kremlin ou de Washington, la vie politique française tourne autour d'un tout autre axe : la présidentielle 2027 et la candidature de Marine Le Pen. Le Figaro consacre cette semaine un éditorial aux « douze travaux de Marine Le Pen », signe que la cheffe du RN est traitée, y compris par la presse de droite, comme la favorite structurelle du scrutin. Libération, de son côté, s'interroge dans une tribune sur la manière dont « l'arc républicain » paverait la voie du pouvoir à la même Marine Le Pen.
Le vrai match se joue ailleurs
Le contraste est presque comique. D'un côté, une dirigeante écologiste qui s'imagine faire trembler des capitales étrangères. De l'autre, une campagne déjà polarisée autour du Rassemblement national, où Le Parisien décrit jusqu'au quotidien de Marine Le Pen, entre « farniente, famille, boulot », et où Le Figaro analyse le rééquilibrage interne : une ligne désormais plus en phase avec Jordan Bardella, et un espace réduit pour Éric Ciotti dans l'entourage de la présidente du parti.
C'est là que se joue l'avenir politique du pays, à moins de deux ans de l'échéance. Pas dans les supposées officines étrangères qui comploteraient contre la candidate d'un parti vert structurellement minoritaire.
Le procédé ne trompe plus personne
Il reste que ce réflexe mérite d'être pris au sérieux, non pour ce qu'il révèle des ingérences réelles, mais pour ce qu'il dit de la classe politique. Quand on ne convainc plus, on se dit censuré. Quand on ne perce pas, on se dit saboté. Le contribuable, lui, attend toujours qu'on lui parle du pouvoir d'achat, de la dette ou de la sécurité, plutôt que des fantômes étrangers qui hanteraient la carrière de Marine Tondelier.
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