Soliha : une association macroniste dans la tourmente, après un trou dans la caisse de 1.4 million d'euros
Par la rédaction Le Rempart
L’association SOLIHA Haute-Garonne, acteur historique de l’accompagnement des personnes en difficulté dans l’accès au logement, a connu une chute spectaculaire après avoir accumulé un déficit d’environ 1,4 million d’euros, avant d’être placée en redressement judiciaire puis de finir en liquidation. Au cœur des critiques figure la gestion menée par son directeur, Pierre Castéras, ancien responsable local de La République en Marche (devenu Renaissance).

Un déficit colossal
Selon plusieurs enquêtes de presse, SOLIHA Haute-Garonne présentait un déficit de 1,4 million d’euros sur l’exercice 2024. Cette situation financière s’est rapidement aggravée jusqu’à conduire l’association devant le tribunal judiciaire.
Les difficultés ne seraient pas uniquement liées à la baisse des financements publics. Les enquêtes évoquent également :
- une augmentation importante de la masse salariale ;
- une politique de recrutement jugée coûteuse ;
- une acquisition immobilière considérée comme risquée ;
- une gestion financière qui n’a pas permis d’absorber la diminution des recettes.
Ces différents facteurs auraient progressivement conduit l’association dans une impasse financière. (Mediacités)
Une direction assurée par un ancien responsable macroniste
L’association était dirigée par Pierre Castéras, ancien cadre de La République en Marche en Haute-Garonne.
Cette proximité politique a alimenté les critiques après la révélation de plusieurs recrutements de profils issus de la sphère macroniste à des postes de direction ou d’encadrement. Les opposants dénoncent un fonctionnement privilégiant des nominations de proches alors que la situation financière de l’association se dégradait rapidement.
À ce stade, les informations publiques établissent l’existence de ces recrutements et de l’augmentation de la masse salariale, mais ne permettent pas d’attribuer juridiquement la responsabilité de la faillite à ces seules embauches. (Mediacités)
Le redressement n’a pas suffi
Placée en redressement judiciaire fin 2025, SOLIHA Haute-Garonne espérait retrouver un équilibre grâce à des restructurations et à des économies.
Ces mesures se sont révélées insuffisantes.
En 2026, la liquidation judiciaire est finalement devenue inévitable. Plusieurs structures du réseau SOLIHA connaissent d’ailleurs des difficultés similaires dans différentes régions françaises, même si chaque association possède sa propre gouvernance et sa propre situation financière. (ladepeche.fr)
Des conséquences pour les salariés et les bénéficiaires
La disparition de l’association entraîne des conséquences concrètes :
- suppression de nombreux emplois ;
- interruption ou reprise difficile de certains dispositifs d’accompagnement ;
- incertitudes pour les ménages suivis dans leurs projets de rénovation ou d’accès au logement ;
- reprise progressive de certains dossiers par d’autres organismes.
Au-delà de la seule situation comptable, cette liquidation touche directement des familles qui dépendaient des services proposés par l’association. (ladepeche.fr)
Une affaire qui nourrit le débat politique
Cette faillite intervient dans un contexte où la gestion des associations largement financées par des fonds publics fait l’objet d’une attention croissante.
Les critiques portent notamment sur :
- la gouvernance ;
- le contrôle des dépenses ;
- l’évolution de la masse salariale ;
- la transparence des recrutements ;
- le suivi des financements publics.
Pour les opposants au gouvernement, cette affaire illustre les dérives possibles lorsqu’une structure bénéficiant d’importants financements publics est dirigée par des personnalités proches du pouvoir. À l’inverse, aucune décision de justice n’a, à ce stade, établi que les recrutements de profils macronistes constituaient en eux-mêmes une faute ou la cause directe de la liquidation.
Les investigations judiciaires et les procédures engagées permettront éventuellement de préciser les responsabilités individuelles si des irrégularités devaient être établies.
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