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Justice

Rédoine Faïd, braqueur multirécidiviste, obtient son transfert : ses conditions de détention jugées « indignes » par une juge

Par la rédaction Le Rempart

Une juge a ordonné le 7 août 2026 le transfèrement de Rédoine Faïd vers une autre prison, estimant ses conditions de détention « indignes ». Le braqueur multirécidiviste, auteur de deux évasions spectaculaires, était placé à l'isolement depuis douze ans.

Rédoine Faïd, braqueur multirécidiviste, obtient son transfert : ses conditions de détention jugées « indignes » par une juge

On croyait avoir tout vu en matière de mansuétude judiciaire. C'était avant ce vendredi 7 août 2026. Une juge d'application des peines a estimé que les conditions de détention de Rédoine Faïd étaient « indignes » et a ordonné son transfèrement vers une autre prison, selon des informations de RTL et du Parisien confirmées par La Voix du Nord. Le braqueur le plus célèbre de France, évadé de la prison de Séquedin en 2013 puis de Réau en hélicoptère en 2018, vient donc d'obtenir gain de cause. Le contribuable appréciera.

Douze ans d'isolement, une justice qui plie

Rappelons les faits, car ils ont leur importance. Faïd purge une peine pour l'évasion de Séquedin, où il avait fait sauter des portes à l'explosif en prenant des surveillants en otage, et il a été condamné pour l'évasion hélicoptère de Réau, commando cagoulé et hélicoptère détourné compris. Son placement à l'isolement, qui dure depuis douze ans, avait déjà été « suspendu » par la justice en octobre 2025, rapportait alors franceinfo. La machine est désormais lancée : une fois l'isolement contesté, c'est le régime de détention tout entier qui devient négociable, jusqu'à ce transfèrement vers un établissement jugé plus acceptable.

L'entourage du braqueur ne manque d'ailleurs pas de culot. Son frère, placé en garde à vue dans le cadre de l'affaire de l'évasion, « est totalement choqué par la scène et par son placement en garde à vue », a déclaré son avocate. Totalement choqué, oui. Comme les otages de Séquedin, sans doute.

Des « conditions indignes » bien sélectives

Le mot « indignes » mérite qu'on s'y arrête. Pendant que le système carcéral se plie aux exigences d'un détenu qui a humilié l'État à deux reprises, ce même État peine à garder derrière les barreaux des mineurs accusés de crimes. Entre juillet et août 2026, un vide juridique sur la détention provisoire des mineurs mis en examen pour meurtre, viol ou séquestration a provoqué des libérations pendant 23 jours, comme l'ont révélé Le Parisien, Le Monde et Public Sénat. Une faille liée notamment à la décision n° 2026-1194 QPC du Conseil constitutionnel du 17 avril 2026, que le législateur et le Sénat ont mis des semaines à colmater.

« C'est difficile à comprendre », a réagi une famille confrontée à la libération du tueur présumé de leur fils à cause de ce couac. Difficile à comprendre, en effet : d'un côté, des victimes qui voient sortir des accusés de crimes faute de texte ; de l'autre, un braqueur multirécidiviste qui obtient une prison plus confortable parce que sa détention serait indigne.

Deux poids, deux mesures

Personne ne conteste que la détention doit respecter la dignité humaine. Encore faudrait-il que l'énergie judiciaire soit équitablement répartie. Quand la machine judiciaire se montre si réactive pour le confort d'un évadé professionnel et si lente pour fermer un trou législatif qui libère des accusés de meurtre, ce n'est plus de l'humanité. C'est de l'égarement.

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