Le Rempart — Le média de droite radicaleActualité de droiteLe Rempart — Le média de droite radicaleActualité de droiteLe Rempart — Le média de droite radicaleActualité de droiteLe Rempart — Le média de droite radicaleActualité de droite
Nous soutenirAidez Le RempartLe Rempart

Le média de droite radicale

Immigration

Carlos Bilongo qualifie la crise de Ceuta de «drame humanitaire» et appelle à la régularisation de masse

Par la rédaction Le Rempart

Le député LFI du Val-d'Oise Carlos Bilongo a dénoncé sur BFMTV la «fable de l'invasion migratoire» lors d'une vague migratoire ayant fait des dizaines de morts à Ceuta. Il a appelé à la régularisation des personnes en situation irrégulière en France.

Carlos Bilongo qualifie la crise de Ceuta de «drame humanitaire» et appelle à la régularisation de masse

Un «drame humanitaire» au seuil de l'Europe

Le député La France insoumise du Val-d'Oise, Carlos Bilongo, a qualifié la situation à Ceuta de «drame humanitaire» lors d'une intervention sur BFMTV. Les documents indiquent que cette prise de position intervient alors que les autorités espagnoles ont fait état de dizaines de morts dans les tentatives de passage vers cette enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, enclavée dans le territoire marocain et constituant une frontière extérieure de l'espace Schengen.

Selon Madrid, la quasi-totalité des dizaines de milliers de personnes entrées illégalement à Ceuta ces derniers jours étaient reparties samedi. Ce chiffre, confirmé par la même source, laisse entrevoir l'ampleur des mouvements mais aussi la capacité des autorités espagnoles à gérer le reflux, sans pour autant atténuer le bilan humain déjà constaté.

«Il faut que le faux récit de l'invasion migratoire s'arrête»

Carlos Bilongo a employé des termes sans ambiguïté pour désigner sa lecture des événements. «Il faut que le faux récit de l'invasion migratoire s'arrête», a-t-il affirmé, selon les documents. Cette formulation vise directement le vocabulaire sécuritaire utilisé par une partie de la droite et de l'extrême droite pour qualifier les mouvements migratoires de masse.

Le député LFI a ensuite élargi le débat à la situation française. Les documents indiquent qu'il a appelé à régulariser les personnes dont le titre de séjour a expiré en France, distinguant ainsi entre entrée clandestine et perte de régularité administrative. Il s'agit d'une distinction technique souvent occultée dans les débats publics : la «situation irrégulière par expiration de titre» concerne des personnes entrées légalement mais dont le visa, la carte de séjour ou tout autre document n'a pas été renouvelé ou a expiré.

Ce que le dossier ne confirme pas

Deux éléments centraux dans l'accroche éditoriale du sujet ne sont pas attestés dans le corpus documentaire fourni.

Premièrement, la comparaison entre migrants marocains de Ceuta et réfugiés des incendies de Gironde. À cette heure, rien ne permet de confirmer cette analogie dans les propos de Carlos Bilongo. Aucun document du corpus ne mentionne les incendies de Gironde, ni aucune comparaison avec des sinistrés français.

Deuxièmement, l'expression «devoir d'accueil total». Cette information n'a pas pu être vérifiée. Bilongo parle de «drame humanitaire» et appelle à la régularisation, mais la formule précise «devoir d'accueil total» n'apparaît dans aucun document fourni.

La date exacte de l'intervention sur BFMTV, antérieure à la publication de l'article le 5 août 2026, n'est pas précisée. Le nombre précis de morts et de migrants concernés à Ceuta n'est pas davantage chiffré dans les documents.

Un député déjà controversé

Le dossier révèle que Carlos Bilongo, dont le nom complet Carlos Martens Bilongo est parfois utilisé, n'en est pas à sa première sortie médiatique sur des sujets sensibles. Le 23 décembre 2025, soit plusieurs mois avant la crise de Ceuta, il participait à une émission intitulée «La Librairie africaine» diffusée sur YouTube, depuis supprimée.

Selon l'Agence Anadolu, il y aurait déclaré : «dans les territoires où les gens n'ont pas de diplômes, là où tu as une pauvreté intellectuelle, le nord de la France, etc., les racistes sont en avant». Cette citation est confirmée par le document. Elle avait déjà valu au député d'être mis en cause pour ses propos sur le Nord, avec des réactions notées de Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, et de Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale et député RN du Nord.

Ces éléments de chronologie dessinent un profil : un élu LFI qui ne ménage pas ses formulations sur les territoires et les populations, et qui suscite régulièrement des réactions de la droite et de l'extrême droite. Le lieu de réunion du député à Toulouse a par ailleurs été tagué par des slogans d'extrême droite, selon une information de France 3 Régions citée dans le dossier.

Le clivage gauche-droite sur la migration à Ceuta

La question de Ceuta n'est pas neuve dans les débats européens. Cette ville autonome espagnole, séparée du Maroc par une clôture de plusieurs kilomètres, connaît depuis des années des tentatives d'assaut massif par des migrants originaires principalement d'Afrique subsaharienne. L'enjeu dépasse le cadre bilatéral hispano-marocain : il touche à la politique migratoire de l'Union européenne, à la gestion de ses frontières extérieures, et aux relations diplomatiques entre Madrid et Rabat.

Les positions de Bilongo s'inscrivent dans un clivage bien établi. D'un côté, une approche humanitaire privilégiant la protection des personnes, le rejet du vocabulaire sécuritaire, et l'appel à des régularisations massives. De l'autre, une approche mettant l'accent sur l'intégrité des frontières, la lutte contre l'immigration illégale, et la coopération avec les pays de transit et d'origine.

Le dossier ne fournit aucune réaction directe aux propos de Bilongo sur Ceuta, ni du gouvernement, ni de l'opposition, ni d'experts ou d'associations. Ce vide est significatif : il suggère que l'intervention a eu une couverture médiatique limitée, ou que les réactions n'ont pas été documentées dans les sources recueillies.

Ce qui manque encore

La transcription complète de l'intervention sur BFMTV n'est pas disponible dans le corpus. Le contexte précis de la comparaison alléguée avec les réfugiés des incendies de Gironde n'est pas établi. Aucun cadre juridique n'est fourni pour évaluer la faisabilité de la régularisation demandée par Bilongo. Les statistiques sur les titres de séjour expirés en France manquent. Les précédents historiques, les conséquences politiques anticipées, et les budgets associés à de telles politiques ne sont pas documentés.

Le taux de couverture global du dossier est évalué à 24%, avec des lacunes particulières sur les réactions (0%), l'historique (0%), le juridique (0%) et les statistiques (0%).

L'angle du Rempart

Quand un élu de la République enjoint de cesser de parler d'«invasion migratoire» alors que des dizaines de milliers de personnes franchissent en quelques jours une frontière européenne, il ne réforme pas le vocabulaire : il le déplace. Le «faux récit» de Bilongo correspond, pour une part non négligeable de nos concitoyens, à une réalité vécue dans les quartiers, les communes, les services publics submergés. Appeler cela un «faux récit», c'est d'abord mépriser ceux qui constatent.

La proposition de régularisation systématique des titres expirés, présentée comme une mesure de simple humanité, mérite qu'on en examine les implications concrètes. Combien de personnes concernées ? Quel coût pour les collectivités ? Quel message envoyé à ceux qui respectent les délais, qui suivent les procédures, qui parfois échouent à régulariser leur situation faute de moyens mais sans bénéficier de cette générosité soudaine ? Le dossier ne dit rien de tout cela, et Bilongo non plus.

Plus troublante encore est la séquence qui se dessine : d'abord les propos sur le «Nord» et sa «pauvreté intellectuelle», ensuite le tag d'extrême droite comme réponse, maintenant Ceuta comme occasion de réaffirmer une posture. Le député semble avoir trouvé dans la controverse un mode de communication permanent, où chaque sortie suscite la réaction attendue, qui justifie la suivante. C'est un modèle économique politique : l'outrance comme carburant, la réaction comme preuve de sa justesse.

Ce qui frappe enfin, c'est l'absence de réactions documentées à cette intervention précise. Ni le gouvernement, ni les partis d'opposition, ni les associations n'ont jugé utile de répondre dans les sources recueillies. Ce silence peut se lire de deux façons : soit le sujet n'a pas dépassé le stade de l'incident médiatique, soit il est devenu si banal qu'il ne mérite plus de réponse. Dans les deux cas, le contribuable français, qui finance ces échanges, a le droit d'en attendre davantage que des postures répétées et des chiffres manquants.

Suite