Atelier Missor : boudés en France, les sculpteurs de Nice partent ériger une statue de 15 mètres aux États-Unis
Par la rédaction Le Rempart
Installé à Nice, l'Atelier Missor réalise une œuvre monumentale de 15 mètres à la demande d’Elon Musk, faute de commandes comparables en France. «Notre époque a besoin de statues», défendent ses sculpteurs.

Le paradoxe est savoureux, ou consternant, selon l'humeur. Pendant que la France débat sans fin de ses statues à déboulonner, une fonderie française installée à Nice, est en train de livrer aux Américains une statue de 15 mètres de haut. L'Atelier Missor, atelier-fonderie spécialisé dans la sculpture monumentale, travaille ainsi sur une œuvre destinée à célébrer les 250 ans des États-Unis à la demande d’Elon Musk comme le révélait Le Figaro début novembre 2025.
Une commande venue d'ailleurs
C'est donc outre-Atlantique, et non en France, que ces sculpteurs trouvent de quoi faire vivre leur savoir-faire. Le projet américain, d'une ampleur rare, contraste avec la frilosité des commanditaires publics français, peu enclins à financer du monumental figuratif. Les fondateurs de l'atelier le disent sans détour dans la presse : «Notre époque a besoin de statues». Une conviction qui les rapproche davantage de l'imaginaire américain que de la repentance ambiante qui sert de doctrine culturelle à une partie de nos élites.
Le profil de l'atelier ne passe d'ailleurs pas inaperçu. Le Courrier international, au printemps 2026, le décrivait comme une fonderie «tout en muscles» qui drague Elon Musk, quand StreetPress évoquait, mi-avril, un «rêve américain technofasciste», la gauche médiatique ne pardonnant visiblement ni le style, ni le patriotisme, ni l'ambition de ces artisans.
Ce que la France refuse de voir
Ce qui est déplorable, c'est l'absence criante de commande publique monumentale en France pour ce type d'œuvres, quand les États-Unis, eux, n'hésitent pas à débourser pour 15 mètres de bronze et de symboles. Pour rappel, l’Atelier Niçois avait déjà créé une statue en bronze de Jeanne d’Arc à la demande de la ville, qui avait été maintes fois taguées et menacée de déboulonnage.
Car c'est bien là le fond de l'affaire. Un pays capable d'abattre ses propres statues au nom de l'actualisation de l'Histoire ne saurait s'étonner que ses meilleurs sculpteurs aillent exercer leur talent là où on le demande encore. La France entretient des écoles, des fondeurs, des maîtres-artisans d'exception, puis regarde ailleurs quand il s'agit de leur commander une œuvre.
Le monument émigre
Politis, dès avril 2025, consacrait à l'atelier une enquête inquiète sur le «combat civilisationnel», preuve que le simple fait de sculpter grand et fier est désormais suspect. Pendant ce temps, les Américains signent les chèques. À Nice comme ailleurs, le message envoyé aux créateurs est limpide : si vous voulez construire des monuments, prenez un billet pour New York plutôt qu'un rendez-vous au ministère de la Culture. Et après, on s'étonnera de la fuite des talents.
Suite


