Fausse vidéo de Plenel contre Salamé et Glucksmann : une intox russe grossière en pleine pré-campagne
Par la rédaction Le Rempart
Un faux site clonant Blast et une vidéo truquée, où une voix de synthèse imitant Edwy Plenel accuse Léa Salamé d'avoir voulu acheter des médias pour faire l'éloge de Raphaël Glucksmann, ont circulé sur X début août 2026. Une opération de déstabilisation attribuée à la Russie, à moins d'un an de la présidentielle.

Une manipulation en kit
Le scénario aurait pu faire rêver les amateurs de polichinelle médiatique : Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, aurait confessé que Léa Salamé lui avait demandé d'écrire un article dithyrambique sur son compagnon Raphaël Glucksmann, eurodéputé et candidat potentiel à l'Élysée, et qu'il aurait refusé. Sauf que rien de tout cela n'est vrai. Selon les révélations de Marianne le 5 août 2026, il s'agit d'une opération de désinformation montée de toutes pièces, attribuée à la Russie.
Le dispositif est aussi minutieux que mensonger. Vers le 30 juillet 2026, un faux site, baptisé Blastinfo.fr, a été mis en ligne en clonant 181 pages du vrai site Blast, le média de Denis Robert, dans le seul but d'y glisser un unique faux article. Celui-ci contenait une vidéo où une voix de synthèse imitant celle d'Edwy Plenel, avec 98 % de probabilité de génération par intelligence artificielle selon les outils de vérification, prétendait accuser Léa Salamé de propagande rémunérée, en exhibant un mail fabriqué.
50 000 euros imaginaires et quatre rédactions salies
Le faux témoignage affirmait que la journaliste de France Inter aurait tenté de soudoyer Libération, Le Monde, Mediapart et Marianne, moyennant la somme rondelette de 50 000 euros, pour obtenir une couverture flatteuse de Glucksmann. Hadrien Mathoux, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, a démenti formellement tout contact et qualifié l'accusation de grossière et délirante. Blast a de son côté dénoncé le clonage de son site dès le 1er août 2026. La vidéo, traduite en plusieurs langues, a essaimé sur X (Twitter) et via des faux médias dits anti-système.
La pré-campagne commence tôt
Le timing ne doit rien au hasard. Cette intox surgit à moins d'un an de l'élection présidentielle française, alors que Raphaël Glucksmann trône en tête des intentions de vote à gauche. Le mode opératoire, faux média miroir, voix clonée, faux documents, correspond aux recettes éprouvées des officines de déstabilisation venues de l'Est, déjà documentées lors des précédents scrutins.
On notera l'ironie : pour discréditer un couple de gauche, les manipulateurs ont choisi de faire passer Plenel pour un lanceur d'alerte intègre et Salamé pour une corruptrice de rédactions. Voilà qui réconcilie presque tout le monde, sauf la réalité. Reste une question qui fâche : si un site cloné et une voix de synthèse suffisent à semer le trouble à neuf mois d'un scrutin, que feront ces mêmes officines quand la campagne battra son plein ? On devine que cette vidéo n'était qu'une répétition générale.
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