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Politique

Gabriel Attal courtise la droite en Vendée : stratégie médiatique ou conviction tardive ?

Par la rédaction Le Rempart

En déplacement en Vendée mardi 4 août, Gabriel Attal a dénoncé les occupations illégales de terrains par les gens du voyage, un virage à droite que L'Express analyse comme une opération de séduction envers les médias du groupe Bolloré. Les associations, elles, parlent d'antitsiganisme.

Gabriel Attal courtise la droite en Vendée : stratégie médiatique ou conviction tardive ?

Gabriel Attal a choisi la Vendée, terre de droite s'il en est, pour durcir le ton. Mardi 4 août, l'ancien Premier ministre s'en est pris frontalement aux occupations illégales de terrains par les gens du voyage, avec une formule destinée à faire mouche : «C'est pas chez vous ici, monsieur». Le message est limpide, le calendrier aussi : en pleine campagne, le patron des députés Renaissance multiplie les sorties sur des thèmes régaliens, sécurité et identité en tête.

Une offensive calibrée, selon L'Express

Selon une analyse publiée par L'Express, cette accumulation de propositions à droite n'a rien d'un hasard. L'hebdomadaire y voit une stratégie assumée : se faire «mousser par les médias du groupe Bolloré», CNews et Europe 1 en tête, qui offrent une caisse de résonance généreuse aux figures macronistes en repentir sécuritaire. Autrement dit, là où le même Attal incarnait il y a peu la modernité décomplexée du premier macronisme, il découvre soudain les vertus du fermage républicain. Les électeurs de droite apprécieront, ou pas.

La charge et la contre-charge

Sur le fond, la sortie vendéenne n'a pas tardé à provoquer la réaction habituelle. Mediapart rapporte que plusieurs associations dénoncent de l'antitsiganisme, accusant l'ancien locataire de Matignon de stigmatiser une communauté pour des raisons électoralistes. Libération, de son côté, a relayé la formule choc du déplacement, celle du «C'est pas chez vous ici, monsieur», en la replaçant dans le contexte des installations illicites qui exaspèrent nombre de maires ruraux, toutes étiquettes confondues.

Il faut pourtant rappeler un fait que les indignés professionnels occultent commodément : les occupations illégales de terrains, stades communaux ou parkings privés, sont un problème concret que des centaines d'élus locaux gèrent chaque été, souvent sans le moindre soutien de l'État. Qu'un responsable politique national s'en empare n'est pas en soi un scandale. Ce qui interroge, c'est le timing.

Le réalisme a des vertus, le calcul aussi

Car voilà le paradoxe Attal. Quand il était Premier ministre, de janvier à septembre 2024, on ne l'a guère entendu sur ce registre. Le voilà désormais, en campagne, en chantre de la fermeté territoriale, pile au moment où l'espace politique à droite est en recomposition et où l'exposition médiatique vaut de l'or. L'instinct de survie politique est une qualité. Encore faut-il que les électeurs y voient autre chose qu'un habillage.

Les maires de Vendée et d'ailleurs, eux, attendent moins des formules que des actes : des aires d'accueil respectées, des procédures d'expulsion qui ne durent pas des semaines, une préfecture qui répond au téléphone. Si Gabriel Attal veut convaincre, c'est là qu'il sera jugé. Pas sur la Une de CNews.

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