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Justice

Rodéos urbains : Ségolène Royal veut transformer les délinquants du bitume en cascadeurs de cinéma

Par la rédaction Le Rempart

Dans un entretien au média en ligne Le Crayon, relayé début janvier 2026, Ségolène Royal propose de remplacer la répression des rodéos urbains par des formations de garagistes et de cascadeurs, notamment sur le circuit de Montlhéry.

Rodéos urbains : Ségolène Royal veut transformer les délinquants du bitume en cascadeurs de cinéma

Ce qu'a dit Ségolène Royal

C'est un entretien accordé fin 2025 au média en ligne Le Crayon, largement relayé par la presse entre le 7 et le 9 janvier 2026, du Figaro à RMC. Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007, y livre sa vision des rodéos urbains. Et elle a le mérite de la constance : là où le législateur a choisi la fermeté, avec la loi du 3 août 2018 punissant ces pratiques d'un an de prison et 15 000 euros d'amende, l'ancienne ministre plaide pour l'écoute et la formation.

«Les gamins, ils ont une passion, on leur enlève leur deux-roues... alors que franchement, ils sont très forts», lance-t-elle, ajoutant que c'est «déjà formidable d'avoir une passion». Son constat : la répression actuelle ne fonctionne pas. Les motos saisies sont broyées, et les jeunes, une fois leur engin perdu, basculeraient vers le trafic de drogue et le cambriolage.

Montlhéry, internat et école de cascadeurs

Sa solution, détaillée dans l'entretien, tient en un projet complet : utiliser un circuit sous-exploité, elle cite nommément l'autodrome de Montlhéry, dans l'Essonne, pour y installer un encadrement avec internat scolaire, sous la houlette de motards et de gendarmes. Objectif affiché : orienter ces jeunes vers des débouchés professionnels, garagistes, conducteurs, ou même cascadeurs pour le cinéma français, filière où elle voit un gisement d'emplois.

La proposition, qualifiée de «folle» sur les plateaux tout en étant jugée «pas si bête» par certains débatteurs de RMC, a fait réagir. Il faut dire qu'elle tranche avec l'approche portée ces dernières années par le ministère de l'Intérieur, qui mise sur les saisies massives et les opérations coordonnées dans les quartiers.

La fermeté, pas la fanfare

Qu'on se comprenne : l'idée de circuits d'accueil encadrés n'est pas neuve, et certains élus locaux l'expérimentent déjà. Mais entendre une figure de la gauche décrire les auteurs de rodéos comme de jeunes prodiges «très forts», alors que ces démonstrations sauvages terrorisent des quartiers entiers, mettent en danger piétons et automobilistes et coûtent chaque année des vies, voilà qui relève d'une singulière hiérarchie des priorités.

Ségolène Royal, qui règle par ailleurs ses comptes avec «les machos du PS» dans la presse du même week-end en assurant que «s'ils m'avaient soutenue, la France aurait un autre visage», n'en est pas à une sortie médiatique près. Après sa mobilisation aux côtés de JoeyStarr contre le projet de pavillon d'entrée de l'Assemblée nationale, la voici ministre autoproclamée de la cascade motorisée. Les habitants qui ne dorment plus les soirs de rodéo, eux, attendent toujours qu'on leur rende leur tranquillité. Pas qu'on décore les pilotes.

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