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Justice

À Rennes, la prison pour femmes se dote d'une salle de sport haut de gamme, gratuite et en accès libre

Par la rédaction Le Rempart

Le centre pénitentiaire pour femmes de Rennes a inauguré une salle de sport haut de gamme, accessible gratuitement et à volonté par les détenues. Une priorité pénitentiaire qui interroge au regard de l'état de la justice française.

À Rennes, la prison pour femmes se dote d'une salle de sport haut de gamme, gratuite et en accès libre

On apprend que le centre pénitentiaire pour femmes de Rennes s'est offert une salle de sport haut de gamme, ouverte aux détenues gratuitement et à peu près quand elles le souhaitent. Tapis de course, machines, équipements dernier cri : l'administration pénitentiaire a visiblement décidé que la remise en forme carcérale méritait le meilleur. Pendant ce temps, des clubs de quartier ferment faute de subventions et des salles associatives peinent à chauffer leurs vestiaires.

Le sport d'abord, la justice ensuite

Le contraste est difficile à ignorer. Cet été, la presse a révélé qu'en raison d'un vide juridique, des mineurs mis en examen pour meurtre, viol et séquestration ont été libérés pendant 23 jours, faute d'un cadre légal solide pour maintenir leur détention provisoire. Le Parisien, Europe 1 et Public Sénat ont documenté ce couac législatif, né d'une décision du Conseil constitutionnel (décision n° 2026-1194 QPC du 17 avril 2026) et d'un trou dans la raquette que le Sénat et le Parlement ont mis des semaines à colmater.

Une famille, interrogée par RMC après la libération du tueur présumé de leur fils, résumait l'absurdité : "C'est difficile à comprendre". Difficile, en effet. On libère des accusés de crimes parce que la loi a des trous, mais on trouve les fonds, les mètres carrés et les équipements pour transformer une maison d'arrêt en club de fitness.

Un « petit paradis » version pénitentiaire

Le comique de la situation, c'est qu'au même moment, dans la même région, Le Télégramme racontait comment un père et son fils avaient transformé une maison éclusière près de Rennes en « petit paradis », à leurs frais et à la sueur de leur front. Les honnêtes gens paient et transpirent pour leur cadre de vie. Les détenues, elles, reçoivent le coach sportif sur plateau, payé par le contribuable.

Personne ne conteste que l'activité physique puisse accompagner la réinsertion. Encore faudrait-il un sens des priorités. Quand l'administration pénitentiaire investit dans le confort sportif pendant que la justice pénale laisse filer des mineurs accusés de meurtre par manque de texte, on mesure le décalage entre les discours sur la fermeté et la réalité budgétaire.

Le contribuable appréciera

Reste une question simple : qui a validé cet équipement, à quel coût, et avec quel arbitrage ? À cette heure, l'administration ne communique pas de montant précis. Dommage, car le contribuable breton, lui, aimerait bien savoir combien coûte ce confort carcéal, au moment même où les victimes, elles, découvrent dans la presse que la loi ne protège plus grand monde. Priorité au bien-être des détenues, donc. Les victimes attendront le prochain budget.

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