Le Rempart

Justice

Anne-Élisabeth Blateau interpellée ivre au bois de Vincennes après des violences sur son fils : l'actrice dit souffrir de bipolarité

Par Clarence Azolina

La comédienne de « Scènes de ménages » a été interpellée mardi 22 septembre en état d'ivresse au bois de Vincennes après des violences présumées sur son fils. Elle échappe aux poursuites via une composition pénale et annonce être atteinte de bipolarité.

Anne-Élisabeth Blateau interpellée ivre au bois de Vincennes après des violences sur son fils : l'actrice dit souffrir de bipolarité

Les faits sont graves et ils sont établis. Mardi 22 septembre, vers 17 heures, la police est appelée au bois de Vincennes, dans le 12e arrondissement de Paris, pour des violences commises par une mère de famille alcoolisée sur son enfant mineur. La mère en question est Anne-Élisabeth Blateau, l'interprète d'Emma dans Scènes de ménages, l'une des séries les plus regardées de M6. L'information, révélée par BFM de source policière et confirmée par le parquet de Paris, dépasse évidemment le simple fait divers people : il s'agit d'un enfant, d'une dizaine d'années selon TV Magazine et La Montagne, pris à partie par l'adulte censée le protéger.

Une scène vue par des témoins

Selon les informations de BFM, un témoin a indiqué aux agents avoir vu la comédienne sortir d'un taxi avec l'enfant en lui criant dessus et en le prenant violemment par le col de sa veste. La Montagne évoque de son côté des coups. C'est grâce à l'intervention de ce passant que l'enfant a pu se réfugier auprès d'un militaire hors service, en demandant son père. Détail qui dit beaucoup de l'état de panique du garçon : c'est un inconnu en uniforme qui lui a servi de refuge, pas sa mère.

L'actrice, présentant des signes d'ivresse, a été interpellée en flagrant délit une demi-heure plus tard au niveau de l'obélisque du bois de Vincennes, menottée et placée en garde à vue. Selon TV Magazine, elle se serait également montrée violente envers les policiers venus l'interpeller. Face à de tels éléments, difficile de parler d'un simple dérapage de soirée : la scène s'est déroulée en plein jour, dans un lieu public, devant témoins, avec un enfant pour victime.

Composition pénale et communiqué médicalisé

La suite judiciaire mérite qu'on s'y arrête. Le parquet de Paris a indiqué à BFM que l'actrice avait été déférée le 24 septembre devant le délégué du procureur pour une alternative aux poursuites, en l'occurrence une composition pénale assortie d'un stage de responsabilité parentale et d'une injonction thérapeutique. Autrement dit : pas de procès, pas de comparution devant un tribunal correctionnel, pas de peine d'emprisonnement, fût-ce du sursis.

On ne plaidera pas ici pour l'écrou systématique. Mais on peut s'interroger sur ce que serait devenue, dans la même affaire, une mère anonyme de banlieue sans avocate médiatique ni série à succès. L'alternative aux poursuites est un outil utile du droit pénal ; encore faut-il que son usage ne varie pas selon la notoriété de la mise en cause. La question est légitime, elle n'a rien d'un acharnement.

Dans la foulée, l'avocate de la comédienne, Maître Delphine Meillet, a publié un communiqué dans lequel elle affirme que l'incident « ne fera l'objet d'aucune poursuite » et révèle que sa cliente « souffre d'un trouble sur lequel on a mis du temps à poser un diagnostic. Il s'agit de bipolarité ». Anne-Élisabeth Blateau se met en retrait pour, selon le communiqué, « se reposer et se consacrer pleinement à ses soins et à sa famille ».

La bipolarité comme bouclier ?

Que la comédienne soit malade, nul n'en doute a priori, et on ne peut que souhaiter qu'elle soit soignée. Mais la séquence pose un vrai problème de méthode : c'est au moment précis où la justice et l'opinion auraient pu demander des comptes que le diagnostic médical est dévoilé publiquement. Le timing est trop parfait pour être innocent. La bipolarité, invoquée via un communiqué d'avocate, fonctionne ici comme un verrou narratif : qui oserait critiquer une femme souffrante ? Ce réflexe, de plus en plus répandu chez les personnalités en difficulté, déplace le débat de la responsabilité vers la compassion, et interdit de fait toute exigence. Or les deux ne sont pas incompatibles : on peut soigner une malade et protéger un enfant, et la protection de l'enfant aurait dû rester le centre de l'affaire.

Car c'est bien lui, la victime. Le stage de responsabilité parentale ordonné par le parquet reconnaît d'ailleurs implicitement que le problème est d'abord là : une mère qui frappe et terrorise son fils sous l'emprise de l'alcool.

Des antécédents qui fragilisent la thèse de l'accident

Ce n'est pas la première fois que l'actrice se retrouve confrontée à la police dans des circonstances voisines. En 2019, elle avait été placée en garde à vue après une altercation avec des pompiers à la suite d'une soirée alcoolisée, avant de présenter ses excuses sur Instagram. Selon Purepeople, elle avait également été interpellée en état d'ivresse en juin 2021 dans le 16e arrondissement de Paris.

Trois épisodes, toujours le même dénominateur : l'alcool. À ce stade, la thèse de l'incident isolé ne tient plus. Et c'est peut-être là que le communiqué médical atteint ses limites : la bipolarité explique peut-être des crises, elle n'efface ni la répétition ni la part de responsabilité personnelle dans la consommation d'alcool qui les déclenche.

Reste une dernière question, que ni la production de Scènes de ménages ni M6 n'ont pour l'heure tranchée publiquement : une chaîne familiale peut-elle continuer à programmer chaque soir, sans mot dire, une comédienne mise en cause pour violences sur son enfant ? Le retrait annoncé de l'actrice réglera peut-être la question à court terme. Il ne réglera ni celle de l'enfant, ni celle de l'exemplarité qu'on est en droit d'attendre de ceux qui occupent les écrans des familles françaises.

Partenaires

Vous pourriez aussi aimer

Suite