Teddy Riner, qui jurait rester à l'écart de la politique, confie son angoisse face à la montée de l'extrême droite
Par Clarence Azolina
Le judoka Teddy Riner, multiple champion olympique, s'est dit « angoissé » par la montée de l'extrême droite en France, dans des propos rapportés par 20 Minutes ce 17 septembre 2026, rompant avec sa promesse de se tenir loin du débat politique.

C'est une sortie de réserve, et pas des moindres. Teddy Riner, la figure la plus consensuelle du sport français, s'est dit « angoissé » par « la montée de l'extrême droite dans ce pays », dans des propos rapportés par 20 Minutes ce jeudi 17 septembre 2026. Une prise de parole qui tranche avec la ligne que le judoka s'était lui-même fixée : se tenir à distance de la politique.
Une parole qui rompt avec un principe affiché
Le Guadeloupéen, quintuple champion olympique et porte-drapeau de la délégation française aux Jeux de Paris 2024, avait jusqu'ici soigneusement entretenu sa neutralité. Interrogé à plusieurs reprises sur d'éventuelles ambitions politiques, il avait toujours opposé une fin de non-recevoir polie, promettant de rester loin des clivages partisans. Ce verrou vient de sauter.
Sur la forme, difficile de reprocher à un citoyen de dire ce qu'il ressent. Riner n'a jamais prétendu incarner autre chose que ce qu'il est : un champion attaché à son pays, à ses racines, et visiblement inquiet de la trajectoire politique nationale. Sa sincérité n'est pas en cause.
Sur le fond, en revanche, sa formulation mérite d'être interrogée. Que désigne exactement l'« extrême droite » qu'il évoque ? Si le terme vise le Rassemblement national, ce parti, arrivé en tête des élections européennes de 2024 et crédité de scores élevés dans les intentions de vote pour 2027, rassemble des millions d'électeurs qui ne se reconnaissent nullement dans l'étiquette d'extrémistes. Réduire ce courant à une menace à conjurer, c'est valider un réflexe de cordon sanitaire qui n'a, électoralement, jamais fait reculer ce qu'il prétend combattre.
Le champion, la neutralité et le piège du consensus
Il y a aussi une question de méthode. La force symbolique de Teddy Riner tenait précisément à sa capacité à rassembler au-delà des appartenances : des tatamis de Bercy aux cérémonies des Jeux, il incarnait une France unie, sans étiquette. En entrant dans le débat politique, même sur le mode de l'inquiétude personnelle, il accepte d'être désormais lu à travers un prisme partisan. Certains de ceux qui célébraient hier sa réserve applaudiront aujourd'hui son courage ; d'autres, parmi ses admirateurs de toujours, y verront une déception.
d'ailleurs la direction unique de ces prises de parole de personnalités : quand un sportif ou un artiste franchit la ligne politique, c'est presque toujours pour mettre en garde contre la droite nationale. Jamais, ou presque, pour s'alarmer de l'insécurité, de l'immigration incontrôlée ou de la montée de l'islamisme radical, sujets qui préoccupent pourtant une large part des Français. Ce conformisme tranquille du monde culturel et sportif finit par desservir la cause qu'il entend défendre, en confortant l'idée d'un entre-soi médiatique déconnecté du pays réel.
Reste que Teddy Riner n'est ni un éditorialiste ni un responsable politique, et que ses propos relèvent de la confidence plus que de la stratégie. À quelques mois d'une échéance présidentielle décisive, cette sortie illustre surtout à quel point le débat français s'est polarisé : même ceux qui voulaient n'en être pas les acteurs s'y trouvent désormais entraînés.
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