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Économie

Fondation de l'islam de France : les 10 millions promis par Macron ne sont jamais arrivés, Kabtane crie à la trahison

Par la rédaction Le Rempart

Le recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, réclame des comptes à l'État : les 10 millions d'euros promis par Emmanuel Macron le 2 octobre 2020 à la Fondation de l'islam de France n'ont jamais été versés. La structure vient de perdre son statut d'utilité publique par décret du 13 août 2026.

Fondation de l'islam de France : les 10 millions promis par Macron ne sont jamais arrivés, Kabtane crie à la trahison

Une promesse des Mureaux envolée

C'était le 2 octobre 2020, aux Mureaux, dans les Yvelines. Emmanuel Macron déroulait son grand discours sur les séparatismes et glissait, au passage, une promesse en or : 10 millions d'euros de soutien à la Fondation de l'islam de France, structure créée dans le sillage des attentats de 2015 et présentée comme culturelle et laïque, non cultuelle. Six ans plus tard, le chèque n'est jamais arrivé. Pas un euro versé, selon Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon et secrétaire général de la Fondation, qui a rendu publique sa colère le 13 août 2026 dans les colonnes de Lyon Mag.

Le timing n'a rien d'un hasard. Par décret du 13 août 2026, la Fondation vient de se voir retirer son statut d'utilité publique, comme l'a confirmé La Croix. Kabtane y voit un lien direct : sans les 10 millions promis, la structure n'aurait pas pu démontrer la solidité financière exigée pour conserver ce précieux sésame. Il réclame désormais des comptes à l'État sur la transparence de ses engagements.

Du tapis rouge au tapis de sortie

L'épisode a un petit goût de navet institutionnel. Souvenons-nous : après le discours des Mureaux, le président avait promis de « redoubler d'efforts » pour « sortir des interférences » étrangères dans l'islam de France. Le Forum de l'islam de France était même reçu à l'Élysée en février 2023 pour consolider son statut de premier interlocuteur de l'État. Pendant ce temps, la Fondation, présidée par Jean-Pierre Chevènement de 2016 à 2018 puis par Ghaleb Bencheikh depuis 2018, attendait son chèque comme d'autres attendent Godot.

Résultat des courses : une promesse présidentielle non tenue, un décret de retrait, et un recteur lyonnais qui découvre, six ans après, que la parole de l'Élysée se négocie en monnaie de singe. On parle ici d'une structure censée incarner l'islam compatible avec la République, bichonnée en vitrine puis lâchée en coulisses.

Le contribuable dira merci

Reste une question que Kabtane ne pose pas : pourquoi diable l'État promettait-il 10 millions d'euros d'argent public à une fondation religieuse, fut-elle « culturelle et laïque » ? La loi de 1905 interdit le financement des cultes, et les subventions publiques aux fondations confessionnelles ont toujours relevé d'un slalom juridique savoureux.

Alors oui, la parole présidentielle ne vaut pas cher, et c'est un problème démocratique réel. Mais entre nous, le contribuable français ne pleurera pas sur ces 10 millions restés dans les caisses de Bercy. À l'heure où la dette publique tutoie des sommets historiques et où chaque euro compte, cette promesse non tenue est peut-être la seule décision budgétaire sensée du quinquennat. Même par accident.

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