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Économie

Brigitte Macron : 310 000 euros par an d'entretien, selon la Cour des comptes

Par la rédaction Le Rempart

Dans son rapport annuel sur les comptes de la présidence de la République, la Cour des comptes a chiffré à environ 310 000 euros par an le coût lié aux activités de Brigitte Macron. Une facture qui alimente le débat sur le statut de la Première dame.

Brigitte Macron : 310 000 euros par an d'entretien, selon la Cour des comptes

Il aura fallu attendre le rapport annuel de la Cour des comptes sur les comptes de la présidence de la République pour obtenir un chiffre officiel : l'entretien de Brigitte Macron coûterait environ 310 000 euros par an au contribuable. Les magistrats de la rue Cambon ont épluché, comme chaque année, les dépenses de l'Élysée, et le poste consacré à la Première dame en ressort détaillé, chose rarement documentée avec cette précision sous les précédents quinquennats.

Ce que les magistrats ont décompté

Ce montant couvre principalement la rémunération de l'équipe dédiée à l'épouse du chef de l'État, ainsi que ses frais de déplacement et de représentation. Selon le rapport, cette équipe compte plusieurs collaborateurs permanents : directeur de cabinet, chargés de mission, gestionnaires du courrier. La correspondance reçue par Brigitte Macron serait abondante, plusieurs dizaines de milliers de lettres et courriels par an selon la présidence, ce qui justifie officiellement l'existence d'une structure administrative dédiée.

La Cour des comptes rappelle par ailleurs que ce coût ne comprend pas la sécurité rapprochée, assurée par le GSPR, ni les dépenses d'habillement ou de coiffure, qui ne relèvent pas du budget présidentiel. À ce titre, les magistrats notent que la facture globale des déplacements officiels de la Première dame peut s'y ajouter. Autrement dit, 310 000 euros, c'est le plancher, pas le plafond.

Le statut de Première dame, ce serpent de mer

Rappel des faits : en 2017, la création d'un statut officiel pour l'épouse du président avait été retoquée après une pétition qui avait rassemblé plus de 300 000 signatures. Emmanuel Macron s'était alors contenté d'une charte de la transparence, publiée en août 2017, précisant le rôle et les moyens de Brigitte Macron, sans statut juridique ni budget autonome. La Première dame ne perçoit aucune rémunération, mais dispose de moyens bien réels, mis à disposition par l'État.

C'est précisément ce flou qui agace. Pas de statut, donc pas de cadre légal clair, donc pas de véritable contrôle parlementaire sur l'utilisation des fonds. Les magistrats de Cambon peuvent constater, comptabiliser, recommander, mais rien ne les autorise à imposer des limites à un poste qui n'existe juridiquement pas.

Une somme à relativiser, vraiment ?

Les défenseurs du dispositif argueront que 310 000 euros, c'est une goutte d'eau dans les plus de 100 millions d'euros de budget annuel de la présidence de la République. Exact. Sauf que la goutte d'eau, multipliée par tous les cabinets, administrations et cours de récréation de la République, finit par remplir le seau du contribuable. À l'heure où l'on serre la vis aux retraités et aux classes moyennes au nom de la rigueur budgétaire, chaque ligne de dépense publique mérite d'être scrutée, y compris celle-là.

Le mérite de ce rapport, au moins, c'est d'exister. Grâce à la Cour des comptes, le débat ne repose plus sur des rumeurs de couloir mais sur des chiffres vérifiables. Reste à savoir si, rue de Solférino comme à Matignon, quelqu'un acceptera un jour de poser la seule question qui compte : au nom de quoi un rôle sans statut légal bénéficie-t-il de moyens de l'État, et qui décide du juste niveau ?

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