Finances publiques piratées : vos données ont fuité, la directrice s'excuse, et vous paierez quand même
Par la rédaction Le Rempart
Les systèmes informatiques des Finances publiques ont été victimes d'une intrusion ayant provoqué la fuite de données personnelles d'usagers, selon les informations de la presse. La directrice du service a présenté ses excuses, sans que cela change quoi que ce soit aux obligations des contribuables.
Les finances publiques elles-mêmes viennent d'être éclaboussées par un piratage informatique de leurs systèmes. Selon la presse, l'intrusion a entraîné la fuite de données personnelles des utilisateurs des services en ligne, ces mêmes services où chacun déclare ses revenus, paie ses impôts et gère ses avis d'imposition. À cette heure, l'ampleur exacte de la brèche reste à préciser par les autorités.
Ce que l'on sait de l'attaque
D'après les informations disponibles, des hackers ont réussi à s'infiltrer dans les serveurs de l'administration fiscale et à exfiltrer des informations sensibles concernant les usagers. La nature précise des données dérobées (identités, coordonnées, éléments financiers) n'a pas été détaillée publiquement dans l'immédiat, mais le service concerné a reconnu l'incident. La directrice de l'entité visée a tenu à présenter ses excuses aux personnes touchées, promettant des mesures pour sécuriser les plateformes et accompagner les victimes potentielles. Une procédure d'information des usagers concernés a été annoncée.
On attendra désormais les conclusions de l'enquête technique, probablement menée avec l'appui des services spécialisés de l'État comme l'ANSSI, dont c'est la mission depuis 2009. La CNIL, garante de la protection des données personnelles des Français, devrait également être saisie, comme le prévoit le règlement européen sur la protection des données (RGPD) pour toute violation de cette nature.
Excuses d'un côté, échéances fiscales de l'autre
Car voilà le plus beau. Pendant que vos données naviguent on ne sait où, les échéances fiscales, elles, ne naviguent pas : elles tombent. La même administration qui a laissé entrer des pirates dans ses serveurs continuera d'exiger votre déclaration dans les délais, votre paiement à la date prévue, et l'application des pénalités de retard si vous dépassez le calendrier. L'État, magnanime, excusera ses propres failles. Les vôtres, jamais.
Le paradoxe serait drôle s'il ne coûtait pas si cher. Des milliards sont dépensés chaque année dans la transformation numérique des services publics, et l'on aboutit à cela : une administration capable de traquer un oubli de case sur votre déclaration, mais incapable de verrouiller ses propres portes. Les usagers victimes n'auront, pour l'heure, droit qu'à un courrier d'excuse et à un conseil d'être vigilants face aux tentatives de phishing.
Le contribuable, variable d'ajustement permanente
Reste la question que personne à Bercy ne posera : qui est responsable ? Un sous-traitant ? Une faille connue et non corrigée ? Un budget de cybersécurité sacrifié sur l'autel des économies ? Les excuses de la directrice sont polies. Elles ne réparent rien. Et pendant que l'administration fait son mea culpa, le contribuable, lui, paiera deux fois : une fois en données, une fois en impôts. Toujours ponctuel, ce contribuable. Dommage que la réciprocité ne soit pas inscrite au code général.
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