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Incendies XXL : la France brûle et le ministre en a ras le bol des polémiques
Pendant que la Gironde part en fumée et que les pompiers peinent à reprendre la main, à Paris on s'agace déjà des polémiques. Priorités, priorités.

La France brûle, et l'exécutif a trouvé son vrai combat : faire taire les critiques. Alors que les pompiers sont toujours pas maîtres du feu en Gironde, malgré une baisse du nombre de foyers actifs, le ministre de l'Intérieur a jugé bon de faire part de sa lassitude face aux polémiques. On comprend. C'est tellement plus confortable de commenter les commentaires que d'entretretenir une forêt.
Des flammes hors norme, des excuses rodées
Les faits, eux, sont têtus. Quatre jours de lutte, des milliers d'hectares calcinés des Landes à la Gironde, des habitants évacués, et des soldats du feu qui décrivent une situation un peu comme une guerre. Emmanuel Macron préside ce matin une cellule interministérielle de crise à l'Élysée, rituel désormais aussi prévisible que les départs de feu eux-mêmes. L'incendie girondin, parti visiblement d'une opération de débroussaillage qui a mal tourné près de Bordeaux, est resté globalement stable durant la nuit. Soulagement relatif : stable ne veut pas dire éteint.
Et pendant ce temps, le gouvernement répète que la France dispose de moyens supérieurs à ses voisins. Formule élégante, qui consolera sans doute les propriétaires dont le terrain vient de partir en cendres. Être meilleur que l'Espagne, qui brûle aussi, voilà une ambition à la hauteur du pays des Lumières.
La bombe était connue de tous
Le plus savoureux dans cette affaire, c'est que tout le monde savait. Les forestiers, les experts, les élus locaux : tous répètent depuis des années que la gestion des forêts françaises est une vraie bombe. Sous-bois enchevêtrés, parcelles abandonnées, débroussaillage négligé, empilement de normes qui paralyse les propriétaires volontaires. Résultat, chaque été, le même scénario catastrophe, les mêmes images d'hélicoptères, les mêmes conférences de presse contrites.
Mais au lieu d'entendre la colère légitime des élus de terrain et des contribuables qui financent ce désastre récurrent, le ministre préfère bouder. Les polémiques, paraît-il, fatiguent. Que diraient donc les pompiers, épuisés après quatre nuits sur le front, s'ils s'autorisaient le même luxe ?
L'État crise, la forêt crame
La vérité, c'est que l'État centralisé excelle dans une chose : la gestion d'urgence médiatique. Cellules de crise, cartes interactives, déplacements présidentiels. En revanche, pour la prévention, ce travail de longue haleine qui ne fait ni photo ni une du journal, il faudra repasser. Le débat sur les moyens aériens, sur le nettoyage des massifs, sur la responsabilité des collectivités, n'est pas une polémique. C'est le minimum que le pays est en droit d'exiger.
La France ne brûle pas par fatalité. Elle brûle par négligence accumulée. Et ce n'est pas le ras le bol ministériel qui éteindra quoi que ce soit.
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