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Insolite

Monique Barbut pilotera la crise des incendies depuis sa villa, "en visioconférence"

Alors que la Gironde brûle et que deux pompiers sont morts à Mérignac, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a suivi les réunions de crise depuis sa résidence secondaire dans le Var, rapporte franceinfo.

La France brûle, la Gironde est en cendres, deux sapeurs-pompiers viennent de perdre la vie dans l'incendie de Mérignac. Et pendant ce temps, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, suit la crise... depuis sa résidence secondaire dans le Var. En visioconférence, bien sûr. L'information, révélée par franceinfo, a de quoi laisser pantois. On se pince, on vérifie la date, non ce n'est pas le Gorafi.

Le ministère du transat

Car le tableau vaut son pesant de braises. À Saumos, 250 hectares partis en fumée. À Biscarrosse, un incendie tout juste maîtrisé. Dans le Var, précisément là où madame la ministre coule des jours tranquilles, les pompiers parlent de "lutte acharnée". Météo-France annonce un danger qui repart à la hausse. Mais Monique Barbut, elle, assure qu'elle suivra tout cela "de près". De près, façon de parler : à plusieurs centaines de kilomètres du front des flammes, un écran d'ordinateur entre elle et la réalité.

Le surnom circule déjà dans les couloirs des ministères : Monique Transat. Il faut dire que la ministre collectionne les sorties de route protocolaires. Cette même semaine, sa démission annoncée puis annulée avait déjà offert au gouvernement un épisode de psychodrame dont il se serait bien passé. Visiblement, l'idée de regagner Paris et un centre opérationnel ne l'a pas effleurée.

Les pompiers eux n'ont pas de webcam

Le contraste est cruel. Ce vendredi matin, les sapeurs-pompiers de Gironde ont observé une minute de silence pour leurs deux collègues tués dans les flammes. Eux n'ont pas eu le luxe de combattre le feu en visioconférence. Ils y étaient, physiquement, face à un mur de chaleur. Pendant que la ministre de l'Écologie coordonne la réponse de l'État entre deux baignades, des hommes meurent et des familles évacuent.

Laurent Nuñez, lui au moins présent sur le terrain médiatique, annonce 308 interpellations, dont 120 mineurs, une majorité pour des feux volontaires. La presse européenne, elle, s'étrangle : Le Monde rapporte que nos voisins s'inquiètent de l'absence de débat français sur les causes profondes des incendies, débroussaillement en tête. Un débat que la ministre pourrait animer, si elle daignait quitter son jardin.

L'écologie en charentaises

Au fond, l'affaire en dit long sur cette macronie finissante. Les mêmes qui moralisent sur le réchauffement climatique et la sobriété gèrent la plus grave crise incendiaire de l'été en télétravail balnéaire. Le contribuable, lui, paie les Canadair, les obsèques des soldats du feu, et le salaire d'une ministre en vacances connectées. Chacun appréciera le sens des priorités.

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