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Insolite

Pavillon de l'Assemblée nationale : Macron valide sa démolition pour un bâtiment à 50 millions, pendant que les pompiers quêtent des moyens

Par la rédaction Le Rempart

Emmanuel Macron a donné son feu vert à la démolition du pavillon d'entrée de l'Assemblée nationale, pourtant en parfait état, afin de le remplacer par un bâtiment moderne estimé à 50 millions d'euros. Une dépense qui passe mal alors que la France brûle et que les pompiers réclament des moyens.

Pavillon de l'Assemblée nationale : Macron valide sa démolition pour un bâtiment à 50 millions, pendant que les pompiers quêtent des moyens

Le palais Bourbon va avoir droit à son lifting, et c'est le contribuable qui paiera la facture. Selon les informations de la presse, Emmanuel Macron a donné son feu vert à la démolition du pavillon d'entrée de l'Assemblée nationale, un édifice pourtant décrit comme en parfait état, afin de le remplacer par un bâtiment moderne dont le coût est estimé à 50 millions d'euros.

Une démolition validée au sommet de l'État

C'est donc à l'Élysée que le sort du pavillon s'est joué. Le chef de l'État a validé le principe d'une destruction pure et simple, suivi d'une reconstruction dans un style contemporain. Cinquante millions d'euros, au bas mot, pour remplacer un ouvrage qui ne menaçait ni ruine ni vétusté. On cherchera en vain, dans ce dossier, la moindre urgence architecturale : il ne s'agit pas de sauver un patrimoine en péril, mais de raser un bâtiment fonctionnel pour en ériger un autre, plus conforme aux goûts du jour.

Le choix est d'autant plus discutable que l'Assemblée nationale, monument chargé d'histoire au bord de la Seine, n'a jamais manqué de chantiers coûteux au fil des quinquennats. Mais celui-ci a ceci de particulier qu'il part de rien : aucune dégradation, aucun impératif de sécurité mis en avant. Juste l'envie de neuf.

Le sens des priorités, mode d'emploi

Le timing, lui, relève d'une forme de provocation involontaire. Au même moment, la France connaît une saison d'incendies d'une violence rare : 14.000 départs de feu et 402 interpellations ont été annoncés par Laurent Nuñez depuis le début de la saison. Dans la Drôme, plus de 110 hectares sont partis en fumée en quelques jours, obligeant l'État à déployer d'importants moyens dans la région. Le pays ne compte, pour lutter contre les flammes, que 44 pilotes de canadairs.

Et que disent les pompiers, pendant qu'on s'apprête à signer un chèque de 50 millions pour un porche ? Qu'ils manquent de tout. « Ces incendies inciteront les Français à pousser la porte des casernes », espérait-on du côté des soldats du feu dans Ouest-France, en quête de recrues et de moyens. Les Echos redoutent déjà « un effet immédiat de répulsion » sur la saison touristique. Le paysage national, lui, a la gueule calcinée.

50 millions, une question de décor

Alors oui, les dotations de l'Assemblée et les budgets du secours ne sortent pas de la même enveloppe, et les technocrates de Bercy le répéteront doctement. Sauf que l'argent public, lui, vient toujours de la même poche : celle du contribuable. Cinquante millions d'euros, c'est une flotte de moyens aériens, des casernes équipées, des années de salaires pour ces forestiers-sapeurs dont on redécouvre chaque été l'utilité.

Le pouvoir a décidé autrement. Pendant que la France brûle et que Météo-France prévient que la situation reste tendue malgré les orages, l'État s'offre une entrée d'Assemblée au goût du jour. Chacun jugera des priorités. Nous, on les trouve plutôt en fumée.

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