Article
La ministre de l'Écologie à Sainte-Maxime pendant que la France brûle : la déconnection a de beaux jours
Selon Le Canard Enchaîné, la ministre de l'Écologie a discrètement quitté l'Élysée pour sa villa de Sainte-Maxime en pleine crise des incendies qui ravagent la Gironde, le Var et la Corse.

La France brûle, et elle bronzette. Selon Le Canard Enchaîné, la ministre de l'Écologie a discrètement quitté l'Élysée pour rejoindre sa villa de Sainte-Maxime, au moment même où des reprises de feu mobilisaient des milliers de soldats du feu en Gironde et dans le Var. On cherche encore la photo du ministère en alerte rouge. Il y a bien eu une alerte, mais apparemment plutôt pour réserver le transat.
Sainte-Maxime, nouveau centre de crise
Pendant que 250 hectares partaient en fumée à Saumos, que la lutte acharnée se poursuivait dans le Var et que la Corse figurait elle aussi sur la carte des départements ravagés, la titulaire du portefeuille de la Transition écologique a donc jugé urgent de procéder à sa propre transition, de Paris vers le golfe de Saint-Tropez. Déplacement discret, évidemment. On ne saurait déranger.
L'ironie aurait de quoi faire sourire si elle ne sentait pas le brûlé. Cette ministre, qui sermonne chaque semaine les Français sur leur empreinte carbone, leurs trajets en voiture et leurs barbecues, s'offre une escapade balnéaire pendant que des pompiers meurent à Mérignac. Chacun son sens des priorités.
"Rester unis", dit l'Élysée
Le président Macron appelait cette semaine à "rester unis" pour "gagner cette longue bataille" contre les flammes. Manifestement, le message d'unité nationale n'a pas atteint toutes les oreilles ministérielles. Pendant que l'exécutif tente d'expliquer, chiffres à l'appui, les moyens déployés par l'État, l'un de ses membres les plus exposés déployait sa serviette de plage. On comprend mieux pourquoi les questions sur les moyens aériens promis restent, elles aussi, sans réponse.
La solidarité à géométrie variable
Car c'est bien là le cœur du problème. Quand un élu de l'opposition s'absente en pleine crise, la meute médiatique lui tombe dessus en moins de vingt-quatre heures. Quand c'est une ministre écologiste, on nous expliquera sans doute qu'elle travaillait à distance, que Sainte-Maxime dispose d'une excellente connexion, et que critiquer cela relève de la polémique bassement politicienne.
Sauf que les habitants du Var et de la Gironde, eux, ne télétravaillent pas face aux flammes. Ils évacuent. Le fossé entre les sermons d'en haut et la réalité d'en bas n'a jamais été aussi visible. Et cette fois, il sent la fumée.
Suite


