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Justice

Après plus de 8 heures de garde à vue, le dossier révèle finalement que sébastien delogu a bousculé, puis traité les policiers de "bande de fatigués" et de "trous du c*l

Par la rédaction Le Rempart

Placé en garde à vue jeudi après son altercation avec trois policiers à Marseille, le député LFI Sébastien Delogu en est sorti à 23 heures, convoqué pour outrage. Les PV des policiers, consultés par l'AFP, décrivent un élu s'opposant physiquement aux forces de l'ordre et les traitant de «bande de fatigués» et de «trou du cul».

Après plus de 8 heures de garde à vue, le dossier révèle finalement que sébastien delogu a bousculé, puis traité les policiers de "bande de fatigués" et de "trous du c*l

Huit heures de garde à vue pour le député des «fatigués»

Sébastien Delogu aura donc goûté à la procédure qu'il conteste. Le député LFI des Bouches-du-Rhône a été placé en garde à vue jeudi, a confirmé le parquet de Marseille, après son altercation avec trois policiers survenue lundi dans l'immeuble où il réside. Il en est sorti libre à 23 heures, soit plus de huit heures plus tard, avec une convocation pour outrage au mois de novembre en poche.

Les faits remontent à lundi, vers 15h15. Trois policiers, à la recherche d'un homme soupçonné d'un vol de montre, tentent de pénétrer dans la copropriété du parlementaire marseillais. Selon les PV rédigés par les agents et que l'AFP a pu consulter, M. Delogu s'est opposé physiquement à leur entrée dans l'immeuble. L'échange a ensuite dégénéré sur son palier, où le député les aurait notamment traités de «bande de fatigués», l'un d'eux écopant d'un «trou du cul» plus personnalisé. Les trois fonctionnaires ont porté plainte pour «outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique».

L'homme recherché, lui, a été interpellé sans encombre dans l'appartement situé en face de celui du député. Ironie du calendrier : l'opération de police que M. Delogu a jugé bon de compliquer se serait fort bien passée sans lui.

Deux versions, une vidéo «partielle»

Le député conteste évidemment cette lecture. Il affirme que les policiers, en civil, n'avaient pas décliné leur identité. «Ces personnes me suivent jusqu'à mon domicile, je leur demande leur carte de police. Ils me sautent dessus en me traitant de 'bon à rien'», a-t-il raconté à l'AFP, ajoutant qu'un agent lui aurait lancé «tu pues de la gueule» et porté un coup sur la poitrine. Il a lui aussi déposé plainte et transmis à la presse un enregistrement partiel de l'incident. Partiel, donc : la séquence où l'on entendrait les insultes visant les policiers n'y figure manifestement pas.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez n'a pas résisté au plaisir de commenter sur X : «Avec La France insoumise, c'est toujours de la faute des autres.» Il a affirmé son «soutien aux forces de l'ordre qui doivent pouvoir exercer leur fonction partout et en toutes circonstances, et à tout le moins y être aidées par un élu de la République». L'enquête, a-t-il précisé, déterminera les circonstances exactes de l'altercation.

Un casier qui s'épaissit doucement

Pour M. Delogu, cette convocation pour outrage s'ajoute à un agenda judiciaire déjà bien rempli. Le député des quartiers Nord s'était fait connaître du grand public en brandissant un drapeau palestinien dans l'hémicycle en mai 2024, ce qui lui avait valu une exclusion temporaire. Il a depuis été condamné en 2025 pour «violences aggravées» contre deux cadres de l'Éducation nationale en marge d'un blocus lycéen en 2023, et doit comparaître le 21 octobre pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux les documents personnels d'un entrepreneur dont il dénonçait les liens avec Israël.

Candidat à la mairie de Marseille, le parlementaire sera par ailleurs jugé en juin, notamment pour recel de vol, selon le parquet. À ce rythme, sa campagne municipale risque de se dérouler davantage au palais de justice que sur les marchés. Pour un parti qui dénonce à longueur de journée les «violences policières», l'addition commence à faire tache : à force de croiser les forces de l'ordre, on finit par les connaître par leur prénom. Ou par des noms moins flatteurs, si l'on en croit les PV.

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