Villepin candidat en 2027 : sa première mesure serait d'ouvrir le Panthéon à un tirailleur sénégalais
Par la rédaction Le Rempart
Invité de BFM TV ce dimanche, Dominique de Villepin a confirmé vouloir se porter candidat à la présidentielle de 2027. Sa première promesse de campagne : faire entrer un tirailleur sénégalais au Panthéon.
Un candidat qui temporise, mais qui promet déjà
Dominique de Villepin « veut être candidat » à l'élection présidentielle de 2027. L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac l'a indiqué ce dimanche sur le plateau de BFM TV, tout en précisant qu'il confirmerait officiellement sa candidature « quand la campagne électorale aura commencé ». Autant dire que la décision est prise, mais que l'annonce attendra le moment jugé propice. Crédité de 2% des intentions de vote, l'homme d'État de 72 ans estime que « pour le moment nous n'avons rien de sérieux à nous mettre sous la dent ».
Pas de programme détaillé donc, mais une première mesure déjà sur la table : s'il est élu les 18 avril et 2 mai 2027, Dominique de Villepin fera entrer un tirailleur sénégalais au Panthéon, pour rendre hommage à ces soldats venus d'Afrique combattre sous le drapeau français. Un geste mémoriel qui tranche avec le climat actuel du débat public, largement dominé par la question migratoire.
Édouard Philippe dans le viseur
Car plutôt que de dérouler une feuille de route, l'ancien ministre des Affaires étrangères a préféré s'en prendre à Édouard Philippe, déjà officiellement candidat. En déplacement à Mayotte la semaine dernière, le maire du Havre a promis un « moratoire total » sur l'immigration dans le département, englobant le droit du sol, le droit d'asile et le regroupement familial. De quoi faire bondir Villepin.
« Quand je vois Édouard Philippe, membre d'un parti républicain, dire à Mayotte qu'il faut revoir le droit du sol et revoir le droit d'asile… On est en France, à Mayotte. Si on remet en cause le droit d'asile à Mayotte, qu'est-ce qu'on fait sur l'Hexagone, le territoire national ? », a-t-il déploré. Pour mémoire, selon l'Insee, au 1er janvier 2026, la moitié des 323 000 habitants de Mayotte étaient de nationalité étrangère, l'île faisant face à des arrivées massives de migrants en provenance des Comores, et plus récemment du Congo et du Rwanda.
La leçon de morale républicaine
Dominique de Villepin n'a pas mâché ses mots : « Tous ceux qui veulent jouer à coups d'exceptions, non seulement font des entorses à notre régime républicain, mais en plus courent dans la surenchère. Et en l'occurrence Édouard Philippe fait le jeu du Rassemblement national. Qui préférera la copie, c'est-à-dire M. Philippe, à Mme Le Pen ? » Le raisonnement est classique, mais il a le mérite de la constance chez un homme qui n'a jamais varié sur le sujet.
Même traitement pour le RN et son projet de référendum sur l'immigration, remis en avant samedi par Jordan Bardella depuis la Foire de Châlons-en-Champagne : une « énième surenchère » qui placerait, selon Villepin, le parti à la flamme « en dehors des règles républicaines ».
Un positionnement qui pose question
Reste que la stratégie du gaulliste de 72 ans laisse songeur. À 2% dans les sondages, sans programme, sans calendrier d'annonce, mais avec une promesse panthéonienne et des leçons de morale adressées à tout le spectre politique, Dominique de Villepin semble moins construire une candidature qu'entretenir un personnage. Celui du sage au-dessus de la mêlée, qui dénonce la surenchère migratoire pendant que le pays, et Mayotte au premier chef, croule sous des flux que plus personne à droite ne juge gérables.
L'hommage aux tirailleurs sénégalais est en soi une cause honorable. Mais quand elle devient l'unique mesure concrète d'une candidature encore virtuelle, on est en droit de se demander si l'ambition présidentielle de Dominique de Villepin tient du projet politique ou de la posture. La campagne de 2027 s'annonce longue. Les Français jugeront.
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