Mélenchon découvre l'Espagne et propose d'importer sa crise migratoire en France
Par la rédaction Le Rempart
Le leader insoumis a suggéré d'accueillir des migrants arrivés aux Canaries ou d'envoyer une "aide humanitaire". La France, déjà saturée, serait ainsi appelée à partager le fardeau d'une crise qui n'est pas la sienne.

Jean-Luc Mélenchon a trouvé une nouvelle destination de vacances. Pas les Canaries pour le farniente, non. Pour y chercher des migrants à rapatrier en France. Le leader de La France insoumise, en pleine séquence de compassion sélective, a estimé que la France devait "tendre la main" à l'Espagne, submergée par des arrivées record à Ceuta, dans l’enclave espagnole. Plus de 60 000 personnes en 24 heures. Un chiffre qui fait trembler le monde entier et qui, visiblement, émeut jusqu'aux larmes le député des Bouches-du-Rhône.
Une générosité qui ne coûte qu'aux autres
Le problème, c'est que Mélenchon ne propose pas d'aller lui-même accueillir ces hommes et ces femmes dans sa résidence parisienne. Il propose que ce soit la France, c'est-à-dire les contribuables français déjà saignés, qui prennent le relais. Accueillir "une partie des migrants", dit-il. Ou envoyer de "l'aide humanitaire". Comme si la France n'était pas déjà le deuxième pays d'accueil d'Europe, comme si nos services d'asile ne suffoquaient pas, comme si les 400 000 titres de séjour délivrés en 2023 constituaient un cap à dépasser avec enthousiasme.
L'Europe à la carte, version Mélenchon
Cette posture relève d'une logique curieuse. Mélenchon, pourtant fervent critique de l'Union européenne qu'il rêve de désobéir, se métamorphose soudain en bon élève de la solidarité communautaire dès qu'il s'agit d'ouvrir nos frontières un peu plus grand. L'Espagne a une frontière avec le Maroc. La France n'a pas à régler les conséquences de la politique migratoire de Pedro Sánchez, qui a multiplié les régularisations massives et affaibli ses contrôles. Madrid a fait ses choix. Pourquoi Paris paierait-il l'addition ?
Le déni permanent des réalités françaises
Pendant ce temps, la Guyane déborde, Mayotte suffoque, les quartiers de plusieurs villes de province subissent des tensions identitaires et sécuritaires que les élus locaux dénoncent depuis des années. Les associations d'aide aux migrants elles-mêmes tirent la sonnette d'alarme sur la saturation des hébergements d'urgence. Mais Mélenchon regarde ailleurs. Vers l'Espagne, vers Ceuta, vers n'importe quelle occasion de théâtraliser sa bienveillance aux frais du peuple français.
Le timing n'est pas innocent. À quelques mois d'échéances électorales incertaines, le chef des insoumis cherche à reconquérir une électorate progressiste émoustillée par le spectacle de la vertu. La crise migratoire espagnole devient prétexte à posture morale. Les Français, eux, n'ont qu'à serrer les dents et ouvrir le portefeuille. C'est cela, la "France des jours heureux" promise par Mélenchon : toujours plus de monde, toujours moins de moyens, et une classe politique qui confond l'incantation humanitaire avec la gestion républicaine.
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