Drapeau français dans les écoles de Nice : le ministre Édouard Geffray oppose une fin de non-recevoir à Éric Ciotti
Par la rédaction Le Rempart
Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a recadré ce lundi le maire de Nice Éric Ciotti, qui voulait installer un mât tricolore dans chaque cour d'école de la ville et organiser une levée des couleurs hebdomadaire.

«Il n'appartient pas au maire de décider»
C'est un rappel à l'ordre en bonne et due forme. Ce lundi, à l'issue du conseil des ministres, Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, a opposé une fin de non-recevoir sans appel au projet d'Éric Ciotti, maire UDR de Nice, qui entendait installer un mât arborant le drapeau français dans chaque cour d'école de la ville dès cette rentrée.
Le ministre n'y est pas allé par quatre chemins : «Dans le mot Éducation nationale, il y a le mot “nationale”. Cela veut dire que le cadre est fixé par l'Éducation nationale, donc il n'appartient pas au maire de décider de ce qui se passe pédagogiquement dans une école», a-t-il déclaré à la presse. Et d'enfoncer le clou : «Il n'appartient pas au maire, en l'occurrence, de décider une quelconque levée des couleurs qui se ferait en présence de tous les élèves, ni une fois par semaine, ni une fois par mois, ni une fois par jour.»
La mesure, promet Geffray, ne pourra pas «trouver un début de réalisation» sans consigne ministérielle, qui n'a «pas vocation à intervenir». Le message est clair : rue de Grenelle, on n'a pas l'intention de laisser la mairie de Nice organiser ses propres cérémonies patriotiques dans les cours de récréation.
Le projet Ciotti : un mât par école et La Marseillaise chaque semaine
Rappel des faits. Vendredi, Éric Ciotti avait annoncé que «dès cette rentrée et jusqu'aux vacances de la Toussaint», la ville installerait «dans chaque cour d'école un mât tricolore». L'édile affirmait avoir «saisi le recteur pour travailler dans la concertation avec les chefs d'établissements, avec les personnels de la mairie, avec les parents», afin qu'ait lieu «au moins chaque semaine une levée des couleurs dans chaque école avec La Marseillaise».
Dimanche, sur X, le maire de la cinquième ville de France avait enfoncé le clou avec l'emphase qu'on lui connaît : «Le drapeau français flottera dans toutes les écoles niçoises. Je l'assume avec fierté. Il raconte notre histoire, nos combats et nos libertés. Il est un repère que nous avons le devoir de transmettre à nos enfants.»
Difficile, sur le principe, de trouver grand-chose à redire à l'idée que des enfants français découvrent les couleurs de leur pays. Mais c'était visiblement trop demander.
«Ahurissant», réplique Ciotti, qui ne désarme pas
La réponse du maire de Nice ne s'est pas fait attendre. Qualifiant les déclarations du ministre d'«ahurissantes», Éric Ciotti maintient qu'une «telle initiative peut parfaitement être mise en œuvre dans le cadre d'une convention entre la Ville et l'Éducation nationale». Il «regrette profondément ce refus d'organiser une démarche civique simple» et assure que Nice «poursuivra le déploiement des mâts dans toutes les écoles élémentaires de la ville».
Et l'édile de conclure âprement : «Visiblement, pour les “macronistes-socialistes”, le drapeau tricolore est un danger et une menace!»
Une cérémonie du 11 novembre déjà prévue
De son côté, le ministre a rappelé qu'à partir de cette année, les élèves, du CM1 à la terminale, devront participer à une «cérémonie commémorative» annuelle d'hommage à tous les «Morts pour la France» autour du 11 novembre, dans l'enceinte des établissements.
Voilà donc l'offre patriotique du ministère : une cérémonie par an, calée sur le calendrier officiel, et rien de plus. Pour le reste, l'école de la République préfère manifestement que le drapeau reste dans sa réserve, sous bonne garde administrative. Quant à savoir qui, du maire qui veut trop de tricolore ou du ministre qui en veut juste assez pour ne froisser personne, défend le mieux la transmission aux élèves niçois, on se permet d'avoir notre petite idée.
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