Marsat : la maire Anne-Catherine Lafarge violemment projetée au sol en s'opposant à l'installation illégale de caravanes
Par la rédaction Le Rempart
Dimanche 30 août, la maire de Marsat (Puy-de-Dôme) a été violemment jetée au sol par un jeune homme de 18 ans alors qu'elle tentait d'empêcher l'installation de caravanes sur un terrain agricole. Le suspect, en garde à vue, a reconnu les violences et sera jugé en comparution immédiate le 2 septembre.

Les faits se sont déroulés dimanche 30 août, vers 15h30, à Marsat, une commune de 1 450 habitants du Puy-de-Dôme. Alertée par une administrée de l'arrivée de nouvelles caravanes sur une parcelle exploitée par un agriculteur, la maire sans étiquette Anne-Catherine Lafarge, 53 ans, s'est rendue sur place. La situation était déjà délicate : une grande parcelle privée voisine est occupée depuis le début du mois par d'autres gens du voyage, qui ont accepté de partir le 2 septembre. Pour l'élue, laisser de nouveaux arrivants s'installer à quelques jours de la rentrée scolaire était inenvisageable.
Le dialogue tourne à l'agression
L'édile dit avoir d'abord tenté la discussion. "On a essayé de faire en sorte de leur expliquer qu'il ne fallait pas qu'ils y aillent, que ça devait être libéré, qu'il y avait une activité à l'école dessus", raconte-t-elle. Le dialogue se rompt brusquement : un homme sort de son camion, profère des menaces verbales et ignore la fonction de son interlocutrice. "Je lui ai évidemment décliné mon identité et ma fonction et ça ne l'a pas ému. Au bout d'un moment, il a craqué et il m'a projeté très violemment sur le sol", témoigne-t-elle.
Les conséquences physiques sont réelles. "J'ai quelques égratignures, j'ai mal partout. J'ai fait un beau roulé-boulé", confie la maire, qui s'est rendue à l'institut médico-légal pour faire constater ses blessures. "J'ai fait un roulé-boulé à 53 ans... sur le macadam plutôt que sur un tatami, ça ne donne pas la même chose. J'ai mal à un bras, j'ai mal à une jambe, j'ai des abrasions." Elle attend les conclusions médicales concernant ses ITT pour compléter son dossier.
Un jeune de 18 ans reconnaît les violences
L'agresseur présumé a été interpellé par la police environ une heure après les faits. Selon le parquet de Clermont-Ferrand, il s'agit d'un jeune homme de 18 ans ne présentant pas d'antécédents judiciaires, qui a reconnu les violences lors de sa garde à vue tout en prétendant ne pas savoir qu'il s'agissait de la maire. Il est attendu mercredi 2 septembre à 14 heures au tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand, en comparution immédiate.
Anne-Catherine Lafarge a déposé plainte dès dimanche au commissariat de police de Clermont-Ferrand. Elle attend une réponse ferme : "J'attends de la justice qu'elle fasse son boulot et qu'elle soit exemplaire vis-à-vis des représentants de la République. Parce que quand on attaque un élu, on attaque la République." Elle ajoute : "On n'est pas des punching-balls. On ne se déplace pas un dimanche après-midi alors qu'on est en famille avec ses enfants juste pour aller se faire castagner."
"Secouée physiquement et psychologiquement", l'élue refuse néanmoins toute généralisation : "Je ne suis pas du style à faire des amalgames et à mettre tout le monde dans le même panier. Je pense que c'est vraiment le fait d'une personne." Elle dit avoir reçu de nombreux soutiens : la préfète, des parlementaires, l'Association des maires de France, ainsi que des anonymes et des habitants de sa commune.
L'isolement des maires ruraux
Au-delà de l'incident, Anne-Catherine Lafarge, qui entame son deuxième mandat, pointe la réalité de sa fonction dans une petite commune sans police municipale, où le maire est souvent le seul recours, disponible à toute heure. "Les maires des petites communes sont tout seuls face aux citoyens. Quand on est appelés, c'est nous qui y allons en direct", souligne-t-elle. Cette agression est une première pour elle, mais elle assure que sa détermination à servir sa commune reste intacte.
Suite



