Viol présumé d'une jeune quadriplégique dans un centre de l'ASEI près de Toulouse : malgré un rapport médical évoquant des lésions anales, le parquet classe la plainte sans suite
Par la rédaction Le Rempart
Nathalie Muet, mère d'une jeune femme quadriplégique de 23 ans, conteste le classement sans suite de sa plainte pour viol, déposée contre un aide-soignant d'un établissement de l'ASEI près de Toulouse. Un rapport médical juge pourtant l'examen compatible avec des faits de pénétration anale.

Nathalie Muet ne compte pas en rester là. Le 1er août, cette habitante de Saint-Jory, au nord-est de Toulouse, a appris le classement sans suite de la plainte pour viol qu'elle avait déposée en juillet 2025 au nom de sa fille, Mayline, 23 ans, quadriplégique. Une décision qu'elle juge « incompréhensible » dans un témoignage recueilli par La Dépêche.
Les faits soupçonnés
Mayline était prise en charge dans un établissement de l'ASEI, l'Association pour la sauvegarde des enfants invalides. Sa mère soupçonne un aide-soignant de 40 ans de s'être livré à des agressions sexuelles sur la jeune femme. Le même salarié est déjà mis en examen dans des affaires concernant trois autres jeunes femmes handicapées.
« Elle hurlait et ne voulait plus retourner dans ce centre », raconte Nathalie Muet. Malgré les importantes difficultés de communication de sa fille, la mère de famille dit avoir recueilli auprès d'elle des éléments sur ce qu'elle aurait subi.
Un examen médical incomplet mais évocateur
Les conclusions du volet médical de l'enquête alimentent aujourd'hui la colère de la plaignante. Le rapport relève l'absence de lésions traumatiques, tout en précisant que l'examen génital était incomplet et que « l'hymen n'a pas pu être visualisé ». Malgré ces limites, l'expert estime l'examen « compatible avec des faits de pénétration anale tels que rapportés par la mère ».
C'est précisément ce point qui rend le classement sans suite inacceptable aux yeux de Nathalie Muet. « Il y a encore des preuves à aller chercher et des éducateurs qui n'ont peut-être pas tout dit », estime-t-elle.
Des recours à l'étude
Avec son avocat, Me Guy Debuisson, la mère de famille étudie désormais les recours juridiques possibles pour faire rouvrir l'enquête. Elle affirme qu'elle ne lâchera rien jusqu'à obtenir justice pour sa fille.
Mayline, de son côté, a quitté l'ASEI en 2025 et a rejoint un autre établissement spécialisé situé à Gratentour. Le dossier pose en tout état de cause une question lourde : celle de la protection des personnes lourdement handicapées, incapables de porter seules leur parole devant la justice, dans des structures censées les accueillir et les soigner.
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