Roubaix : le maire LFI David Guiraud enterre le festival électro NAME, jugé déconnecté de la nouvelle population
Par la rédaction Le Rempart
Le festival de musique électronique NAME n'aura pas d'édition 2026 à Roubaix (Nord). Le maire LFI David Guiraud justifie ce moratoire par le fait que les habitants des quartiers populaires «ne s'y sentent pas les bienvenus».
Le festival de musique électronique NAME, qui se tenait chaque année à Roubaix (Nord), n'aura pas d'édition 2026. C'est le maire La France insoumise de la ville, David Guiraud, qui a décrété ce moratoire, assumant publiquement les raisons de sa décision.
«Les habitants ne s'y sentent pas les bienvenus»
Interrogé sur cette suppression, l'édile a reconnu un décalage complet entre la programmation culturelle et la population de sa ville. Ce festival, «les habitants n'y participent pas, ils ne s'y sentent pas les bienvenus», se fait «sans eux», a-t-il déclaré.
David Guiraud a également avancé un argument d'ordre public : «Pire : les nuisances sont devenues à ce point invivables que beaucoup d'entre eux quittent leur quartier, voire la ville, le temps du festival.» Le maire LFI justifie ainsi sa décision par le confort de ses administrés, estimant que «les habitants de Roubaix comptent, leurs vies et leurs avis comptent».
Mais c'est un autre élément de sa démonstration qui retient l'attention. Le quartier concerné par le festival est, selon ses propres termes, un quartier «populaire». Autrement dit, pour une partie de la population désormais installée dans cette ville du Nord, l'une des plus pauvres de France et marquée par une forte immigration, la musique électronique serait devenue un objet culturel étranger, que le maire se refuse à lui imposer.
Le RN monte au créneau pour défendre le festival
Situation pour le moins singulière : c'est le Rassemblement national qui s'est porté au secours du festival NAME. Par la voix de Céline Sayah, conseillère municipale d'opposition à Roubaix, le parti accuse David Guiraud de «céder au clientélisme culturel».
La défense d'un festival de musique électronique par le RN, face à un maire insoumis qui enterre une manifestation culturelle au nom de la sensibilité des quartiers populaires, illustre le renversement des positions habituelles. Les mairies RN qui mettent fin à un financement ou à un partenariat culturel font l'objet d'une surveillance assidue, notamment via un compte X dédié, et de critiques récurrentes dans les médias. Les décisions comparables prises par des édiles LFI suscitent en revanche une discrétion toute relative.
Le précédent de Creil
Le cas roubaisien n'est pas isolé. À Creil (Oise), c'est également un maire LFI qui a privé de subventions le festival de photographie ouvrière de la ville, une manifestation pourtant ancrée dans l'histoire sociale et industrielle locale. Deux décisions prises par des édiles de la même famille politique, mettant chacune fin à un événement culturel établi, sans déclencher l'indignation qui accompagne d'ordinaire ce type de choix lorsqu'il émane d'autres étiquettes.
À Roubaix comme à Creil, la culture populaire semble donc devoir s'effacer devant des considérations que les maires LFI jugent prioritaires. Le clientélisme dénoncé par Céline Sayah trouve là une illustration concrète, chiffrée en festivals supprimés.
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