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Préfets : la Cour des comptes révèle une prime annuelle moyenne de 32 553 euros, logement et cuisinier en sus

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes chiffre la prime annuelle moyenne versée aux préfets à 32 553 euros. S'y ajoutent un logement de fonction, des agents d'entretien et un cuisinier.

On savait que la haute fonction publique savait se loger confortablement. La Cour des comptes vient d'en mettre le prix précis : 32 553 euros de prime annuelle moyenne pour un préfet, en 2024. Une prime, donc pas un salaire. Le traitement de base vient en plus, comme le dessert après le plat. Et ce n'est pas fini.

Car à cette enveloppe, le contribuable doit encore ajouter les petites attentions de la République : logement de fonction, souvent un hôtel particulier ou une belle bâtisse préfectorale entretenue aux frais du prélèvement obligatoire, agents d'entretien pour faire briller les dorures, et même un cuisinier pour les réceptions officielles. On imagine mal le maçon de Lyon ou l'infirmière de Castres, étranglés par la taxe foncière et la flambée des prix, financer tout cela de bon cœur.

Des sages qui regardent ailleurs

Fait piquant : ces révélations viennent de la Cour des comptes elle-même, institution dont les magistrats ne sont pas exactement connus pour manger au self. Mais créditons-les de cette honnêteté statistique, qui a au moins le mérite de poser les chiffres sur la table. Le corps préfectoral, quelque 300 hommes et femmes qui appliquent la politique de l'État dans les territoires, bénéficie d'un régime indemnitaire que le commun des cadres du privé ne connaîtra jamais, même en rêve très agité.

D'autant que la prime, dans l'esprit, devrait récompenser le mérite ou la difficulté du poste. Or les moyennes publiées suggèrent une distribution plutôt généreuse et généralisée. Quand l'État demande des efforts à tous, il serait logique qu'il commence par regarder dans son propre rétroviseur.

Le contribuable paie, encore

Le débat n'est pas de savoir si un préfet travaille beaucoup. Certains, sans doute, oui. La question est celle du deux poids deux mesures devenu structurel : austérité réclamée aux Français, privilèges maintenus en haut de la pyramide. Le même État qui traque le fraudeur aux aides sociales pour quelques centaines d'euros trouve normal qu'un haut fonctionnaire cumule prime confortable, toit payé et personnel de maison.

À l'heure où le déficit public flirte avec des records et où chaque économie de bout de chandelle est brandie pour justifier de nouvelles taxes, ces quelques dizaines de milliers d'euros par tête de préfet prennent une valeur symbolique écrasante. Pas besoin de grandes phrases : il suffira de relire ce chiffre, 32 553 euros, la prochaine fois qu'un ministre expliquera qu'il faut serrer la ceinture.

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