Périgueux : le domicile du maire Michel Cadet tagué d'insultes après l'accueil des banquets du Canon Français
Par Dimitri Scudo
Le maire Horizons de Périgueux, Michel Cadet, a découvert ce vendredi des tags injurieux sur sa maison et sur la façade de l'hôtel de ville, après avoir accepté l'organisation de trois banquets du Canon Français dans sa commune. Une enquête a été ouverte.

C'est un cran de plus dans la dégradation du débat public local. Le maire de Périgueux (Dordogne), Michel Cadet (Horizons), a découvert ce vendredi 11 septembre des tags injurieux inscrits à l'encre noire sur les murs de son domicile et sur la façade de l'hôtel de ville. Selon plusieurs photographies, on peut y lire les mots « facho », « Cadet collabo » ou encore « raciste ». Une enquête a été ouverte.
Le motif de cette campagne d'intimidation est connu : l'édile a accepté que trois banquets du Canon Français se tiennent dans sa commune du 23 au 25 octobre prochain. Après avoir été empêchée de les organiser à Bergerac, l'association avait trouvé en Périgueux une solution de repli. Voilà qui, aux yeux de certains, justifierait visiblement de s'en prendre à l'adresse personnelle d'un élu.
« La dégradation de mon domicile constitue un acte grave »
Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, Michel Cadet a dénoncé un franchissement de ligne. « Cette fois une limite a été franchie : la dégradation de mon domicile constitue un acte grave qui ne peut être banalisé », a-t-il déclaré. L'élu dit comprendre qu'« être maire expose à la critique », qu'il juge légitime, mais rappelle que s'en prendre au domicile d'un élu revient à franchir « une frontière qui doit rester infranchissable : celle qui sépare la confrontation démocratique de l'intimidation personnelle ».
La distinction posée par le maire n'est pas un détail de langage. Un élu de proximité accepte d'être contesté sur ses décisions, dans les urnes, en conseil municipal ou dans la presse. Être désigné comme cible devant chez soi, avec sa famille derrière la porte, relève d'une tout autre logique : celle de la pression physique, qui vise moins à convaincre qu'à faire plier. « Un maire est un élu de proximité. Mais derrière l'élu, il y a aussi une personne, une famille et un foyer qui doivent être respectés », a insisté Michel Cadet, qui « condamne avec la plus grande fermeté » les actes commis à son domicile et sur plusieurs sites municipaux.
Des banquets qui dérangent la gauche
Le Canon Français est devenu une cible privilégiée des mouvements de gauche, qui dénoncent l'influence du milliardaire ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin dans ces festivités et accusent l'événement de promouvoir des valeurs nationalistes et discriminatoires. La polémique est connue, et elle a déjà coûté aux banquets leur implantation initiale à Bergerac, où la mairie a fait obstacle à leur tenue.
C'est précisément là que le débat mérite d'être posé à froid. Contester un événement, organiser une contre-manifestation, interpeller un élu : tout cela appartient au jeu démocratique. Mais quand une organisation légale ne peut plus se réunir sans déclencher menaces et dégradations contre l'élu qui l'accueille, ce n'est plus l'argument qui s'exprime, c'est le rapport de force. La séquence périgourdine illustre une mécanique observable ailleurs : on fait pression sur une mairie pour obtenir une interdiction, et lorsqu'une autre commune ouvre ses portes, on passe à l'intimidation personnelle. Difficile d'y voir autre chose qu'une volonté d'interdire par la peur ce qu'on ne parvient pas à interdire par le droit.
Le maire ne cédera pas
Michel Cadet, en tout cas, ne compte pas modifier sa position. Les inscriptions injurieuses « ne modifieront ni mes convictions, ni les décisions que je prendrai lorsqu'elles paraîtront nécessaires à l'intérêt de notre commune », a-t-il assuré, promettant de « continuer à exercer son mandat avec calme, détermination et responsabilité ». « Je fais confiance à la police et à la justice pour établir les faits et déterminer les responsabilités. Les auteurs de ces dégradations auront à répondre de leurs actes devant les autorités compétentes », a-t-il ajouté.
Plusieurs élus du territoire ont apporté leur soutien au maire de Périgueux à la suite de ces dégradations. Reste à voir si la justice, saisie de l'enquête, identifiera les auteurs des tags et si cette affaire fera réfléchir ceux qui, à gauche, tolèrent ou excusent ce genre de méthodes. Car au-delà du cas périgourdin, une question se pose : un maire qui applique le droit et accueille un événement légal ne devrait pas avoir à vérifier chaque matin l'état de sa façade. C'est le débat qui devrait occuper les opposants au Canon Français, plutôt que la bombe de peinture.
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