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Menace russe « intensifiée » : Macron promet une réponse européenne et ordonne un plan de protection des infrastructures critiques

Par Roman Thill

Emmanuel Macron a annoncé vendredi 18 septembre 2026 avoir demandé au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques face aux attaques « hybrides » russes, qui ne resteront « pas sans réponse » des Européens.

Menace russe « intensifiée » : Macron promet une réponse européenne et ordonne un plan de protection des infrastructures critiques

Emmanuel Macron a franchi un cap rhétorique ce vendredi 18 septembre. À l'issue d'une réunion à l'Élysée avec les chefs de parti et candidats déclarés à l'élection présidentielle de 2027, le président de la République a affirmé que la menace russe s'était intensifiée et annoncé avoir demandé au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques du territoire. Les attaques « hybrides » menées par Moscou, a-t-il prévenu, ne resteront « pas sans réponse » de la part des Européens.

Un avertissement adossé à une réunion de tous les partis

Le cadre choisi n'est pas anodin. Ce n'est pas devant le Conseil de défense, ni dans une allocution solennelle, mais à la sortie d'une réunion rassemblant l'ensemble des forces politiques , d'Olivier Faure à Jordan Bardella en passant par Marine Tondelier , que le chef de l'État a délivré son message. « La nature de l'agressivité russe et des menaces en Europe change », a-t-il déclaré, justifiant la mise en chantier d'un dispositif de protection des infrastructures critiques : réseaux énergétiques, câbles sous-marins, installations portuaires, systèmes d'information.

Sur le fond, le diagnostic rejoint celui que porte depuis longtemps la droite républicaine : la Russie de Vladimir Poutine mène contre l'Europe une guerre qui ne dit pas son nom, faite de cyberattaques, de sabotages, de désinformation et de pressions énergétiques. Prendre la mesure de cette confrontation est une nécessité, et on ne peut que se réjouir de voir l'exécutif le reconnaître sans détour. Encore faut-il que les mots soient suivis de moyens.

La question des moyens, au coeur du dispositif

C'est là que le calendrier interroge. La même semaine, le gouvernement présentait un budget 2027 prévoyant 54 milliards d'euros d'économies, présenté comme un objectif « ambitieux mais réalisable ». Protéger des infrastructures critiques coûte cher : surveillance des fonds marins, renforcement de la cyberdéfense, redondance des réseaux. Annoncer simultanément une cure d'austérité et un plan de protection d'envergure suppose un arbitrage budgétaire que l'exécutif n'a pas encore rendu public. La fermeté envers Moscou ne se décrète pas en conférence de presse ; elle se finance, et durablement.

Il y a aussi une dimension politique que l'on ne peut ignorer. Réunir les candidats à sa succession pour leur exposer la gravité de la menace russe, c'est à la fois un geste républicain légitime et une manière de replacer le chef de l'État au centre du jeu, quelques mois avant une échéance électorale où il ne pourra pas se représenter. La posture du président-protecteur a ses avantages : elle impose un débat de fond et oblige chaque prétendant à clarifier sa ligne face au Kremlin. Sur ce point, l'exercice a au moins le mérite de mettre les partis devant leurs responsabilités.

Une réponse européenne encore à définir

Reste le contenu concret de la riposte promise. Emmanuel Macron a parlé d'une réponse européenne aux attaques hybrides, sans en préciser la nature : sanctions supplémentaires, mesures de rétorsion cyber, renforcement de l'article de solidarité de l'Union ? Le flou est tactique, sans doute, mais il l'est aussi politiquement. À vouloir promettre de lourdes contre-attaques sans les détailler, on prend le risque inverse de celui recherché : afficher une fermeté que l'adversaire pourrait tester.

Car la crédibilité d'une dissuasion se mesure à sa constance. Or la France a ces dernières années accumulé les annonces fortes sur la scène internationale, parfois sans suite à la hauteur. Si le plan de protection des infrastructures voit réellement le jour, doté de moyens identifiés et d'un calendrier tenu, l'avertissement de ce vendredi aura sa cohérence. Dans le cas contraire, il restera ce que la diplomatie russe sait si bien exploiter : une déclaration de plus, à classer dans le registre des intentions.

Le gouvernement doit maintenant présenter les contours du dispositif demandé par l'Élysée. C'est à cette aune, et à celle-là seulement, que la promesse de fermeté du président de la République pourra être jugée.

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