Quelle époque ! : l'humoriste Jessé, chroniqueur de France Inter, rejoint la bande de Léa Salamé sur France 2
Par Rudy Levasseur
Léa Salamé a officialisé l'arrivée de l'humoriste Jessé dans l'émission "Quelle époque !" sur France 2, dont la nouvelle saison débutera le 19 septembre. Le chroniqueur, déjà présent sur France Inter, s'était illustré en ironisant sur l'arrivée de "néo-nazis" à l'antenne.
Léa Salamé complète sa bande. La journaliste a annoncé sur Instagram l'arrivée de l'humoriste, comédien et écrivain Jessé parmi les chroniqueurs de « Quelle époque ! », l'émission de deuxième partie de soirée de France 2 qui fait sa rentrée le 19 septembre. « Je suis très heureuse (et très fière) de vous annoncer l'arrivée de Jessé dans la grande famille de 'Quelle époque !' pour cette nouvelle saison », a écrit l'animatrice sur le réseau social.
L'intéressé avait déjà vendu la mèche quelques jours plus tôt, sur le plateau de « Quotidien ». « Les gens réalisent maintenant que je n'ai pas qu'un physique de radio et on me propose de faire la rentrée avec Léa Salamé dans Quelle époque ! », avait-il plaisanté chez Yann Barthès.
Un parcours qui s'accélère sur le service public
Jessé, de son nom complet Jessé Rémond Lacroix, mène ainsi une double carrière radiotélévisuelle au sein de l'audiovisuel public. Sur France Inter, il rempile dans la matinale le lundi et dans l'émission « Zoom Zoom Zen » le mardi après-midi. Selon le Huffington Post, il récupère ce créneau dans un jeu de chaises musicales : la station avait testé plusieurs profils, dont le sien et celui de Paul de Saint Sernin, avant d'attribuer le billet de 7 h 55 à Thomas Poitevin. Ce dernier a toutefois quitté la matinale après seulement quatre semaines, selon Le Parisien, ce qui a rebattu les cartes.
Sur France 2, il intègre l'équipe de Léa Salamé et Hugo Clément, alors que le chroniqueur Paul de Saint Sernin sera absent une partie de la saison. Philippe Caverivière, parti plusieurs mois l'an dernier pour une tournée, fera lui aussi sa rentrée dans l'émission, après avoir effectué la sienne sur RTL.
Un humoriste au pedigree politique assumé
Le recrutement de Jessé n'a rien d'anodin au regard de l'actualité récente de France Inter. La station traverse l'une de ses crises internes les plus vives depuis des années : l'arrivée de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, comme éditorialiste a provoqué une grève du personnel, maintenue malgré les propositions de la direction , qui suggérait de transformer l'édito en débat , ainsi qu'une pétition signée par 300 personnalités, selon Le Parisien.
Dans ce contexte, Jessé s'est distingué d'une façon particulière. Selon France 24, l'humoriste ironisait dans une chronique sur l'arrivée possible de « néo-nazis » à l'antenne après celle de Charles Sapin. Un glissement sémantique qui en dit long : traiter un journaliste de presse écrite, fut-il issu d'un magazine assumé à droite, de précurseur du néo-nazisme relève d'une conception de l'humour où la caricature tient lieu d'argument. Dans le même registre, un autre humoriste de la station, Wahid Ameziane, a comparé le physique du député RN Jean-Philippe Tanguy à celui d'un « rat ».
Deux poids, deux mesures à l'antenne
Voilà qui pose une question que la direction de l'audiovisuel public ne semble pas pressée de trancher. D'un côté, une partie de la rédaction de France Inter se met en grève pour dénoncer l'arrivée d'une voix issue de la droite conservatrice, jugée infréquentable par principe. De l'autre, les mêmes antennes financées par la contribution publique promeuvent des chroniqueurs dont la marque de fabrique consiste à assimiler leurs adversaires politiques à l'extrême la plus abjecte du siècle dernier. Le pluralisme, visiblement, a un sens de circulation.
Difficile d'y voir autre chose qu'une conception militante du service public : on y exige la diversité des opinions tant qu'elle ne dépasse pas un certain point de la boussole, et l'on y récompense la grossièreté dès lors qu'elle vise les bonnes cibles. Que Léa Salamé, journaliste réputée exigeante dans ses interviews, juge bon d'adosser la nouvelle saison de « Quelle époque ! » à un profil de ce type relève d'un choix éditorial assumé , dont on mesurera à l'usage si la satire y conserve quelque chose de la nuance, ou si elle se contente du confort d'un public déjà convaincu.
Rendez-vous donc le 19 septembre sur France 2. L'émission promettait, par son titre même, de prendre la mesure de son temps : elle commence du moins par en épouser fidèlement les travers.
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