Salaire d'Ursula von der Leyen : 2 700 euros de plus par mois, une septième hausse en trois ans
Par Dimitri Scudo
La rémunération de la présidente de la Commission européenne va bondir de 2 700 euros mensuels pour atteindre environ 38 400 euros. Les commissaires bénéficient aussi d'une hausse de 2 200 euros, portant leurs émoluments à quelque 28 400 euros par mois.
C'est une information qui circulait sur les réseaux avant d'être confirmée par la presse spécialisée : la rémunération d'Ursula von der Leyen va augmenter d'environ 2 700 euros par mois, pour atteindre aux alentours de 38 400 euros mensuels, soit plus de 460 000 euros sur une année. Selon le décompte relayé notamment sur X, il s'agit de la septième revalorisation en trois ans pour la présidente de la Commission européenne. Les commissaires européens ne sont pas en reste : leurs émoluments mensuels s'établissent autour de 28 400 euros, après une hausse de l'ordre de 2 200 euros.
Une mécanique qui tourne toute seule
Le site The European Conservative précise le cadre de cette nouvelle hausse : une augmentation de 3 % des traitements des fonctionnaires et responsables de l'Union, rétroactive au 1er juillet, qui porte le traitement de base de la présidente aux alentours de 35 800 euros. Le même décompte fait état d'une progression cumulée des rémunérations de 22,8 % depuis 2022, la huitième hausse depuis le début de cette année-là. Au total, les montants diffèrent légèrement selon que l'on raisonne en traitement de base ou en rémunération globale, indemnités comprises, mais la trajectoire, elle, ne souffre aucune ambiguïté : elle monte, régulièrement, sans débat.
C'est précisément ce point qui mérite l'attention. Ces revalorisations relèvent d'un mécanisme d'indexation quasi automatique, calé sur l'évolution des salaires de la fonction publique dans les États membres et sur le coût de la vie à Bruxelles. Autrement dit, personne ne vote ces augmentations, personne ne les assume politiquement, et aucune sanction électorale ne vient jamais les interrompre. Un système pensé pour mettre les rémunérations européennes à l'abri des polémiques, qui produit exactement l'effet inverse : à chaque nouvelle hausse, c'est le principe même d'une technostructure hors sol qui se trouve rappelé aux contribuables.
Le contraste avec l'exigence de rigueur
Le timing n'est pas neutre. Ces hausses interviennent alors que Bruxelles multiplie les leçons de discipline budgétaire à l'adresse des États, à commencer par la France, sommée de résorber un déficit public que la Commission surveille de près. On peut défendre l'idée que des responsables exerçant de lourdes fonctions soient correctement payés : c'est un principe sain, et la droite n'a pas vocation à réclamer des dirigeants mal rémunérés. Le problème est ailleurs. Il tient à l'automaticité d'un dispositif qui dispense l'exécutif européen de tout effort d'exemplarité, au moment même où cet exécutif exige des efforts de tous les autres.
D'autant que la bénéficiaire principale n'est pas en position de force pour justifier ce traitement de faveur. Ursula von der Leyen a survécu de justesse à une motion de censure au Parlement européen à l'été 2025, et la justice de l'Union a donné tort à sa Commission dans l'affaire des SMS échangés avec le PDG de Pfizer pendant les négociations sur les vaccins, jugeant qu'elle n'avait pas apporté de justification crédible à son refus de les communiquer. Un exécutif affaibli sur la transparence, contesté sur sa gestion, et dont les émoluments progressent mécaniquement de plus de 20 % en trois ans : difficile d'imaginer meilleur carburant pour le discours souverainiste.
Une caisse de résonance politique
Les réactions n'ont pas tardé. Nicolas Dupont-Aignan a résumé en une formule ce que pensent une partie des électeurs français en déclarant : « Je ne veux pas que la France soit une colonie de madame von der Leyen », selon L'Union. Sur X, le message qui a lancé la polémique, vu près de 200 000 fois en quelques heures, se contentait d'une question : « NORMAL ? ». La radicalité du mot dit assez le décalage ressenti.
En réalité, chaque nouvelle revalorisation automatique offre aux critiques de l'Union un argument qui n'a pas besoin d'être fabriqué : il suffit de lire les chiffres. Si Bruxelles tenait vraiment à défendre son projet politique face aux souverainismes qui montent partout en Europe, un geste d'exemplarité sur ses propres traitements serait un début. À la place, la machine continue de tourner, indifférente, et ce sont les contempteurs de l'Union qui en récoltent les dividendes. C'est un choix, même lorsqu'il se présente comme une simple application de règles.
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