RATP : 200 emplois fictifs présumés pour arrondir les fins de mandat des élus
Par la rédaction Le Rempart
Selon des informations reprises du Canard enchaîné, la RATP aurait entretenu un réseau d'environ 200 « élus salariés », de droite comme de gauche, bénéficiant de postes aménagés leur permettant d'exercer largement leur mandat tout en touchant une rémunération de la Régie.
Deux cents élus salariés à la Régie
La révélation a de quoi faire tousser l'usager du métro qui finance, ticket après ticket, le fonctionnement de la Régie. Selon des informations relayées par le compte d'investigation French Report, qui cite Le Canard enchaîné, la RATP aurait entretenu un réseau d'environ 200 « élus salariés », recrutés à des postes aménagés leur permettant d'exercer largement leur mandat local tout en percevant une rémunération de l'entreprise publique.
Le dispositif présumé est simple : cumuler une indemnité d'élu déjà élevée avec un salaire de la Régie, le tout assorti de « facilités » pour ne pas avoir à pointer trop souvent au bureau. De droite comme de gauche, précise la source. L'affaire Bally Bagayoko, qui avait déjà mis en lumière le cumul confortable d'un élu au sein de la RATP, ne serait donc que la partie visible de l'iceberg. « Bally Bagayoko serait donc loin d'être le seul », résume French Report dans sa publication, vue plus de 40 000 fois à cette heure.
Des relais d'influence jusque dans les ministères
Le volet le plus troublant tient à la justification de ces emplois. Selon un ancien cadre dirigeant cité par le Canard enchaîné, ces élus ne servaient pas seulement à remplir des organigrammes : ils faisaient office de relais locaux pour l'entreprise, « parfois jusque dans les ministères », dans ce qui est décrit comme une logique d'influence assumée par la RATP.
Autrement dit, la Régie n'aurait pas simplement fermé les yeux sur des cumulards paresseux. Elle aurait organisé, toléré, voire encouragé un système où des élus locaux, rémunérés sur fonds publics, servaient d'intermédiaires politiques à une entreprise détenue par l'État. Si ces faits se confirment, on ne parle plus de simples placards dorés, mais d'un clientélisme institutionnalisé au cœur d'une entreprise publique financée par les voyageurs et les contribuables franciliens.
Qui paie, qui contrôle, qui répond
À cette heure, la RATP n'a pas réagi publiquement à ces informations, et aucune procédure judiciaire n'a été annoncée. Prudence donc sur la qualification pénale, la notion d'emploi fictif devant être établie par une enquête, pas par un tweet. Reste que les questions posées sont embarrassantes : qui a validé ces recrutements ? Sur quels critères ? Et que faisaient les directions successives de la Régie, dont les dirigeants sont nommés par l'État ?
Car c'est bien là le nœud du problème. L'argent versé à ces 200 élus supposés ne tombe pas du ciel : il provient des recettes tarifaires et des subventions publiques qui abreuvent chaque année l'entreprise. Pendant que le Francilien attend sa rame et paye son Navigo toujours plus cher, une partie de la facture servirait, si l'on en croit ces révélations, à graisser la patte d'élus des deux bords. Ni la gauche ni la droite n'ayant, semble-t-il, rechigné à la soupe.
Une enquête interne, au minimum, s'impose. Et si les faits sont avérés, la justice devra dire si ces rémunérations correspondaient à un travail réel ou à un détournement pur et simple de l'argent des usagers.
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