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Basilique de Saint-Denis : Stéphane Bern au chantier, Bally Bagayoko ressort la carte du racisme

Le ministère de la Culture a confié à Stéphane Bern la mission sur le chantier de reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis. L'ancien adjoint au patrimoine Bally Bagayoko, écarté du dossier, dénonce une nouvelle fois «un racisme anti-noirs».

La flèche retrouve un visage, Bagayoko perd le sien

La basilique Saint-Denis, nécropole royale en plein cœur du 93, retrouvera bientôt sa flèche, disparue en 1846 après une tempête. Et pour porter ce chantier emblématique de plusieurs dizaines de millions d'euros, le ministère de la Culture a tranché : ce sera Stéphane Bern, missionnaire attitré du patrimoine sous Emmanuel Macron, qui pilotera la mission de mobilisation des mécènes. Une décision qui a fait sortir de ses gonds Bally Bagayoko, ancien adjoint au patrimoine de la ville, qui s'estime spolié d'un dossier qu'il revendique comme le sien.

Car l'élu socialiste, connu pour sa volubilité et ses coups de sang, ne manque jamais une occasion de transformer un désaccord administratif en affaire d'État identitaire. Sur ses réseaux, il accuse : son éviction serait le fruit d'un «racisme anti-noirs». Rien de moins. L'hypothèse, plus banale, que l'État préfère un visage médiatique consensuel capable de faire pleuvoir les dons privés sur un projet national n'a visiblement pas effleuré l'intéressé.

Le réflexe victimaire comme second métier

Ce n'est pas la première fois que l'élu dionysien sort l'artillerie lourde. Mis en retrait dans une délégation ? Racisme. Pas consulté assez vite ? Racisme. Le schéma devient mécanique : toute décision qui ne lui est pas favorable trouve son explication dans la couleur de sa peau, jamais dans son bilan, ses méthodes ou les tiraillements politiques locaux. À force, l'accusation la plus grave de notre arsenal républicain finit par ressembler à un joker qu'on abat dès qu'on perd la main.

Le vrai scandale, il est ailleurs. La flèche de Viollet-le-Duc attend depuis 2015, et le projet, soutenu par l'association Suivez la Flèche, a besoin de gros donateurs et d'une crédibilité nationale, pas de polémiques municipales. Stéphane Bern, qu'on l'aime ou non, a levé des centaines de millions pour le patrimoine français avec sa loterie et ses téléthons de la pierre. C'est cela, le cahier des charges.

Pendant ce temps, la basilique attend toujours

On peut légitimement débattre du choix de l'État de court-circuiter les élus locaux sur un monument qui appartient à leur territoire. La question mérite mieux qu'un cri racial balancé sur Twitter. Mais à Saint-Denis, ville où les dossiers explosent plus vite que les budgets, la priorité reste la même : relever une flèche qui a manqué au paysage français pendant 180 ans. Si M. Bagayoko veut servir ce monument, il lui reste une option simple : y contribuer au lieu de compter ses blessures narcissiques.

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