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Insolite

Gabriel Attal refuse les tests anti-drogues pour ses collaborateurs, mais vante les dépistages pour tout le monde

Par la rédaction Le Rempart

Gabriel Attal a une nouvelle fois refusé de soumettre ses collaborateurs à des tests anti-drogues, tout en continuant de promouvoir les tests salivaires dans l'espace public. Une contradiction qui fait grincer des dents.

Gabriel Attal refuse les tests anti-drogues pour ses collaborateurs, mais vante les dépistages pour tout le monde

On connaissait la vertu à géométrie variable. Gabriel Attal vient d'en offrir une nouvelle démonstration, aussi élégante que gênante. Interrogé sur la possibilité de soumettre ses propres collaborateurs à des tests anti-drogues, le patron de Renaissance a botté en touche. Mais que les automobilistes, les salariés et les simples passants se rassurent : pour eux, le test salivaire, lui, reste une excellente idée.

Le dépistage, c'est pour les autres

La séquence, révélée par Marianne, a de quoi laisser pantois. Le même homme qui, lorsqu'il occupait Matignon, multipliait les annonces martiales sur la lutte contre les trafics et le durcissement des contrôles routiers, découvre soudain les vertus de la présomption d'innocence lorsqu'on évoque son entourage professionnel. Ses collaborateurs ? Des gens sérieux, bien sûr, qu'il serait absurde de suspecter. Le quidam contrôlé au bord de la départementale un samedi soir ? Lui n'a qu'à souffler, prouver sa bonne foi, et remercier l'État de sa vigilance.

On nous objectera que la charge de la preuve, le cadre légal, tout ça. Soit. Mais le problème n'est pas juridique, il est symbolique. Celui qui fait la leçon au pays entier sur la tolérance zéro refuse d'appliquer à sa propre maison un centième de l'exigence qu'il réclame pour le pékin moyen. Le message envoyé est limpide : il y a ceux qui contrôlent, et ceux qui sont contrôlés.

Un deux poids deux mesures qui devient une marque de fabrique

Ce n'est hélas pas un épisode isolé. Déjà à Matignon, l'ancien Premier ministre avait fait de la fermeté en façade sa spécialité : discours tonitruants sur l'autorité, annonces sur le trafic de stupéfiants, opérations place-net médiatisées, pendant que les mêmes quartiers continuaient de vivre sous la coupe des dealers. La méthode Attal tient en une phrase : beaucoup de menton, peu de résultats, et surtout jamais d'examen de conscience.

Le tout au moment précis où l'ancien locataire de Matignon joue des coudes avec Édouard Philippe dans les sondages, au coude-à-coude dans l'opinion selon une enquête exclusive. Difficile, dans ces conditions, de prétendre incarner l'exemplarité républicaine quand on esquive la moindre transparence sur ce qui se passe dans son propre cabinet.

L'exemplarité, ce vieux concept ringard

Rappelons une évidence que nos élites feignent d'oublier : on ne peut pas demander aux Français d'accepter des contrôles toujours plus intrusifs tout en refusant pour soi-même et ses proches la moindre forme de vérification. La confiance se mérite. Elle ne se décrète pas en conférence de presse.

Gabriel Attal a encore le temps de corriger le tir. Soumettre volontairement ses équipes à un dépistage, histoire de montrer l'exemple, lui coûterait moins cher que cet entêtement à vouloir paraître au-dessus des règles qu'il prône. Mais connaissant le personnage, il faudra probablement attendre encore. La vertu, chez certains, reste décidément une affaire d'électeurs. Pas d'élus.

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