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BFMTV coupe le micro d'un agriculteur : la chaîne en roue libre face au monde rural

Un agriculteur invité sur le plateau de BFMTV a vu son micro retiré en plein direct après des propos jugés problématiques par la chaîne. La scène, filmée, fait vivement réagir.

Il aura fallu quelques secondes. Un agriculteur invité sur BFMTV pour témoigner de la détresse du monde rural commence à dérouler son argumentaire, visiblement un peu trop librement au goût de la chaîne. Résultat : le micro est retiré, le direct se poursuit sans lui, et la France paysanne, une fois de plus, peut ranger son avis dans sa poche.

La séquence, qui circule abondamment sur les réseaux sociaux, montre le journaliste préférant mettre fin à l'échange plutôt que d'argumenter. Policé, cadré, lisse : voilà ce que la chaîne d'info en continu attend de ses invités. Dès qu'un témoignage déborde du script, on coupe. Pratique.

Couper plutôt que débattre

On aurait tort d'y voir un simple incident d'antenne. Ce geste résume une certaine conception du débat public : les Français des campagnes sont bons pour illustrer les sujets météo et les reportages sur la sécheresse, mais leurs colères restent indésirables en plateau. Surtout quand elles visent Bruxelles, les normes ou les échelons intermédiaires qui leur coûtent une fortune.

Car c'est bien là le nœud du problème. Les agriculteurs ne demandent pas la lune : des prix rémunérateurs, moins de paperasse, et qu'on cesse de les traiter comme des délinquants du carbone. Apparemment, formuler tout cela sans fards dépasse la capacité d'écoute d'une chaîne qui se présente pourtant comme le poumon de l'information en direct.

Une chaîne qui multiplie les mauvais épisodes

L'affaire tombe d'autant plus mal que BFMTV traverse une période compliquée. Un de ses reporters a récemment été frappé lors d'un reportage sur l'incendie de Saumos en Gironde, un autre journaliste, celui de France 3 cette fois, a été menacé dans la foulée. Anne Seften, avant son départ de la chaîne, a dû se justifier publiquement après avoir été accusée d'un fou rire pendant un hommage à des sapeurs-pompiers morts au feu.

Dans ce contexte, chaque raté d'antenne prend une résonance particulière. Les Français des campagnes regardent, jugent, et surtout s'éloignent des grandes chaînes qui semblent ne plus parler leur langue.

Il resterait une solution simple : inviter les agriculteurs pour les écouter vraiment, jusqu'au bout de leurs phrases. Mais reconnaissons que cela demanderait à la télévision d'accepter une chose qu'elle déteste, le débat non contrôlé. Tant pis pour l'agriculteur, il repassera. Peut-être.

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