Cédric Jubillar surpris en plein rapport sexuel au parloir avec une visiteuse venue le voir pour la première fois
Par Roman Thill
Incarcéré au quartier d'isolement de la maison d'arrêt de Toulouse-Seysses, Cédric Jubillar a été interrompu par des surveillants en plein rapport intime avec une visiteuse, cette semaine, à quelques mois de son procès en appel.

L'image est aussi crue que le contexte est grave. Cette semaine, à la maison d'arrêt de Toulouse-Seysses, des surveillants ont interrompu Cédric Jubillar en plein rapport sexuel avec une visiteuse, au parloir. Selon Le Parisien, les gardiens sont intervenus alors que la femme était assise sur les genoux du détenu. Détail qui ne manque pas de sel : il s'agissait de sa toute première visite à l'homme mis en examen pour le meurtre de son épouse. À quelques jours d'une reconstitution judiciaire décisive et à sept mois de son procès en appel, le peintre-plaquiste de 39 ans semble avoir choisi, à tout le moins, un curieux moment pour se faire remarquer.
Un incident qui ne tombe pas du ciel
Ce n'est pas la première fois que le détenu tarnais se distingue par ses comportements au parloir. Lors de son procès en première instance, en septembre 2025, il avait lui-même reconnu avoir eu un rapport sexuel avec sa compagne de l'époque lors d'un parloir. « J'ai été sanctionné avec un mois sans visite », avait-il expliqué à la barre, ajoutant avoir également écopé de quatorze jours de quartier disciplinaire pour des inscriptions insultantes sur les murs. Autant dire que l'incident de cette semaine n'est pas un accident de parcours, mais la répétition d'un schéma. Il y a là quelque chose qui dépasse la simple anecdote carcérale : un homme jugé pour le meurtre de sa femme, qui clame attendre son procès en appel pour défendre sa version, accumule les comportements qui tracent un portrait. Or ce portrait, les jurés de la cour d'assises de Toulouse le verront forcément.
Sur le plan disciplinaire, le cadre est clair. En France, toute relation sexuelle est interdite au parloir ordinaire, considéré comme un espace collectif. Le détenu s'expose à un passage en commission de discipline, et la visiteuse à une suspension immédiate de son permis de visite, voire, selon les situations, à des poursuites pénales pour exhibition sexuelle. Des Unités de Vie Familiale existent bien dans les centres de détention pour préserver l'intimité des détenus, mais le quartier d'isolement où est placé Jubillar ne lui en donne pas accès. Une règle qu'il connaissait manifestement, pour l'avoir déjà enfreinte.
Une séquence judiciaire sous haute tension
L'incident survient au pire moment possible. Le 2 octobre 2026, Cédric Jubillar sera ramené à Cagnac-les-Mines pour une reconstitution au domicile où s'est jouée la nuit du drame, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Presque six ans après les faits, il devra confronter son nouveau récit à la réalité des lieux, un gendarme pouvant tenir le rôle de Delphine Jubillar. Car le récit a changé, et radicalement. En juillet dernier, après des années à nier toute implication, le Tarnais est passé aux aveux, d'abord devant ses conseils, Mes Pierre et Guy Debuisson, puis devant la conseillère de la cour d'appel de Toulouse. Il a expliqué avoir étranglé son épouse au cours d'une dispute, alors que le couple se séparait.
Ses indications ont permis aux enquêteurs, le 16 juillet 2026, de mettre la main sur deux fémurs, enfouis dans un champ à Mailhoc, à une quinzaine de kilomètres de la maison du couple. Seuls restes de Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans et mère de deux enfants. Ni le crâne ni la partie supérieure du squelette n'ont été retrouvés, si bien qu'aucune analyse médicale n'a pu établir précisément la cause de la mort. L'instruction s'appuie donc toujours, en grande partie, sur la parole de l'accusé. Et c'est précisément là que l'incident du parloir prend une dimension autre qu'anecdotique : quand tout repose sur la crédibilité d'une parole, la manière dont son auteur se conduit en détention n'est pas un détail. Un homme qui demande à être cru ne peut pas se permettre d'apparaître comme quelqu'un qui vit sa détention provisoire comme une parenthèse sans conséquences.
Une crédibilité qui se joue aussi en prison
Sur le plan judiciaire, le calendrier est serré. La détention provisoire de Cédric Jubillar arrive à échéance le 20 octobre prochain : elle doit être réexaminée par un magistrat et sera très probablement prolongée de six mois. Condamné en première instance à trente ans de réclusion criminelle alors qu'il niait encore, il sera rejugé par la cour d'assises de Toulouse du 30 avril au 14 mai 2027. Son profil psychiatrique doit par ailleurs être réétudié à la lumière de ses aveux.
Il est légitime de se demander ce que révèle cet épisode. L'accusé n'a pas d'obligation de repentance publique, et sa vie en détention reste son affaire, dans les limites du règlement. Mais on juge un homme, aux assises, autant sur ses actes que sur l'image qu'il donne de lui. À quelques mois d'un procès où il plaidera sa version d'un meurtre commis lors d'une dispute, multiplier les frasques derrière les barreaux revient à offrir à l'accusation un personnage tout trouvé. La famille de Delphine Jubillar, elle, attend des réponses, pas des gesticulations. À Cagnac-les-Mines, le 2 octobre, c'est sa parole, encore une fois, qui sera mise à l'épreuve. Elle le serait mieux si son auteur montrait qu'il mesure, au moins un peu, la gravité de ce qui l'attend.
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