Justice

Julien Odoul annonce une plainte contre Sofia Tizaoui après ses propos sur un RN « parti mort »

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Sur le plateau de « 100% Mabrouk », jeudi 29 octobre, Sofia Tizaoui a déclaré vouloir que le RN soit « un parti mort ». Le député Julien Odoul a quitté l'émission et annoncé le dépôt d'une plainte.

Julien Odoul sur le plateau de Sonia Mabrouk, le 29 octobre 2026. Photo : BFMTV
Julien Odoul sur le plateau de Sonia Mabrouk, le 29 octobre 2026. Photo : BFMTV

Julien Odoul, député Rassemblement national de l'Yonne, a quitté le plateau de l'émission « 100% Mabrouk » sur BFMTV, jeudi 29 octobre 2026 au soir, après que Sofia Tizaoui, ancienne présidente de l'Union syndicale lycéenne, lui a déclaré vouloir que son parti soit « un parti mort ». Dans la foulée, l'élu a annoncé sur X qu'une plainte serait déposée.

Le débat, animé par Sonia Mabrouk, portait sur l'attentat raciste de Trappes et de La Verrière (Yvelines), qui a coûté la vie à un homme de 26 ans et fait cinq blessés, dont une fille de 12 ans, le 23 octobre. C'est dans ce contexte déjà lourd que l'échange a basculé.

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« Je veux que votre parti n'existe plus »

Face au député, Sofia Tizaoui n'a pas mâché ses mots : « J'ai envie d'en découdre avec le Rassemblement national parce que j'ai envie que vous soyez un parti mort ! Voilà, moi je le dis : je veux que votre parti n'existe plus ! »

Elle a ajouté : « Bien sûr que j'ai de la haine ! Et vous savez pourquoi ? » Sonia Mabrouk l'a pressée à plusieurs reprises de préciser sa pensée. L'invitée a alors répondu : « Je parlais de mort politique, à un moment donné ne détournez pas mes propos non plus ! »

L'animatrice a rappelé les règles de son plateau : « Tout le monde doit être représenté sur tous les plateaux. On ne peut pas dire un 'parti mort' sur ce plateau. »

Julien Odoul a répliqué qu'« une partie de cette jeunesse-là est haineuse et n'a qu'une envie, c'est d'en découdre ». Il a affirmé que son fils de trois ans avait été « menacé de mort à cause de gens comme ça », avant de lâcher : « Je vous laisse, je ne débats pas avec madame. » Il a alors quitté le plateau.

Le débat s'est poursuivi sans lui et, selon le JDD, les propos de l'invitée ont été condamnés par les autres participants, à l'exception de Rokhaya Diallo.

« Une plainte sera déposée »

Dans la soirée, Julien Odoul a publié un message sur X, dénonçant un appel « à la mort du RN » de la part d'une « fanatique proche de LFI ». « Les mots peuvent tuer, l'extrême gauche a déjà tué. Nous ne laisserons rien passer. Une plainte sera déposée », a-t-il écrit.

La phrase qu'il place entre guillemets dans son message, « Je veux que le RN soit un parti mort ! », est sa propre reformulation des propos tenus sur le plateau.

Jordan Bardella lui a apporté son soutien public sur X : « Quand va s'arrêter cette promotion indécente ? », a-t-il interrogé, avant d'ajouter : « Tout mon soutien à Julien Odoul. » Le président du RN affirme en outre que Sofia Tizaoui est porte-parole d'une association visée par une procédure de dissolution en raison de sa proximité avec La Jeune Garde, une affirmation qui ne s'appuie à ce stade sur aucun document officiel.

Sur Europe 1, Charlotte d'Ornellas a estimé que la menace de la violence politique de l'extrême gauche n'avait pas été prise au sérieux. À gauche, aucune réaction de La France insoumise ni de Génération EDR n'a été enregistrée. Sofia Tizaoui, elle, ne s'est pas exprimée depuis l'annonce de la plainte.

Une justice déjà saisie par le passé

Ce n'est pas la première fois que Julien Odoul choisit la voie judiciaire. Le député de l'Yonne avait déjà saisi la justice contre le député LFI Thomas Portes pour apologie du terrorisme, après un « Free Palestine » lancé par l'élu insoumis.

À ce stade, la plainte contre Sofia Tizaoui reste une annonce : on ne sait ni si elle a été déposée, ni pour quelle infraction, ni devant quelle juridiction. La frontière entre le souhait de voir disparaître un parti et la menace pénalement répréhensible reviendra, le cas échéant, au procureur.

Un parti qui rassemble des millions d'électeurs ne se souhaite pas « mort » impunément sur une chaîne d'information continue.

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