Visite du pape en France : Emmanuel Macron assistera finalement à la messe de Léon XIV à Metz
Par Roman Thill
L'Elysée a annoncé lundi qu'Emmanuel Macron avait réorganisé son agenda pour assister à la messe célébrée par le pape Léon XIV à 16 heures à la cathédrale Saint-Étienne de Metz, dernière étape de la visite du souverain pontife en France.

Un changement d'agenda annoncé au dernier moment
Emmanuel Macron assistera finalement à la messe célébrée par le pape Léon XIV ce lundi 28 septembre 2026 à 16 heures, à la cathédrale Saint-Étienne de Metz. L'annonce a été faite dans la matinée par l'Elysée, au dernier jour de la visite du souverain pontife en France. « Le président de la République participera à la cérémonie de départ du territoire français (congedo) de sa Sainteté le pape Léon XIV », a indiqué la présidence française. « Ce faisant, il a réorganisé son agenda pour assister également à la messe qui précède à la Cathédrale Saint Etienne de Metz », a-t-elle ajouté.
La formulation a le mérite de la clarté : la participation à la messe n'était pas initialement prévue. C'est en marge du congedo, cérémonie protocolaire de départ, que le chef de l'Etat a décidé d'étendre sa présence à l'office lui-même. Difficile de ne pas y voir un calcul politique, à l'heure où la visite papale rencontre un accueil populaire massif.
Metz, étape symbolique d'un voyage qui draine les foules
Le pape Léon XIV est arrivé lundi matin à l'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, a constaté un journaliste de l'AFP à bord de l'avion papal. Troisième et dernière étape de son premier séjour hexagonal, après Paris et Lourdes, cette journée mosellane n'a pas été choisie au hasard : c'est en Moselle, terre frontalière marquée par les guerres, que repose Robert Schuman (1886-1963), l'un des pères de l'Europe, en voie de béatification par l'Eglise catholique.
Le pape américain, accueilli par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, doit participer à partir de 10 heures à une rencontre interreligieuse au centre des congrès Robert-Schuman, puis prononcer à 11 heures un discours intitulé « Aux racines de l'Europe pour la paix et l'unité », en présence d'Emmanuel Macron. La messe de 16 heures clôturera la journée, avant la cérémonie de départ du territoire français.
Ce voyage a jusqu'ici démontré une capacité de mobilisation remarquable. Après un bain de foule à Paris, Léon XIV a de nouveau attiré les foules à Lourdes. Face à un tel engouement, l'absence du président de la République à la grand-messe finale aurait été remarquée, et sans doute commentée comme un désaveu ou une gêne. En réorganisant son emploi du temps, Emmanuel Macron s'évite ce procès. Mais le revirement, précisément parce qu'il est revirement, signale aussi la force de frappe symbolique d'un pape capable de déplacer les agendas présidentiels.
Un pape qui s'impose dans le paysage public français
La veille, dimanche, Léon XIV a accordé deux heures en privé à sept victimes de violences sexuelles, à Lourdes. Celles-ci se sont dites « vraiment écoutées » par un pape pour qui l'Eglise de France doit « poursuivre » sa lutte contre le « douloureux fléau » de la pédocriminalité. Selon cinq d'entre elles, qui ont tenu une conférence de presse, le pape a fait preuve d'une « prise de conscience majeure » et reconnu le caractère « systémique » de ces violences.
Ce temps fort, tenu à l'écart des caméras, contribue à dessiner le profil d'un pontife qui ne se contente pas des grandes messes médiatiques. Entre l'écoute des victimes, les bains de foule et un discours attendu sur la paix et l'unité de l'Europe, le voyage français de Léon XIV touche à la fois au spirituel et au politique. Emmanuel Macron, qui devait se contenter du discours de 11 heures et du congedo, a visiblement jugé que rester à distance de la messe serait une faute de perspective.
Reste une question de fond, que l'ajustement de dernière minute ne résout pas : la place que le président entend donner au fait religieux dans son quinquennat. Assister à une messe papale, pour le chef d'un Etat laïque, est un geste qui engage. L'avoir décidé sous la pression de l'événement plutôt que par conviction initiale dit peut-être autant sur la faiblesse des repères actuels de l'exécutif que sur le poids retrouvé de l'Eglise dans l'espace public français.
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