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Toulouse : Marie-Louise, 93 ans, retrouvée morte chez elle, un Soudanais soupçonné de violences sexuelles et de coups interpellé sur place

Par Clarence Azolina

Une retraitée de 93 ans, alitée, a été retrouvée morte à son domicile du quartier Bourbaki à Toulouse. Un Soudanais de 33 ans, découvert endormi sur elle, est soupçonné de lui avoir infligé des violences sexuelles et des coups.

Toulouse : Marie-Louise, 93 ans, retrouvée morte chez elle, un Soudanais soupçonné de violences sexuelles et de coups interpellé sur place

C'est un drame d'une sauvagerie rare qui s'est noué dans le quartier Bourbaki, à Toulouse. Ce lundi 28 septembre, Marie-Louise, 93 ans, en situation de handicap et alitée depuis de longs mois, a été retrouvée morte à son domicile. Un homme de 33 ans, de nationalité soudanaise, a été découvert endormi sur son corps. Selon les informations exclusives de La Dépêche du Midi, il est soupçonné de lui avoir infligé des violences sexuelles et des coups. Les causes exactes du décès restent à établir.

Une scène d'une violence indicible

L'affaire débute par l'appel d'une voisine, surprise d'apercevoir un homme dans le jardin de la nonagénaire. Marie-Louise vivait seule, mais sa porte d'entrée restait habituellement ouverte pour faciliter les allées et venues du personnel soignant et de ses proches, présents au quotidien. Arrivés sur place, les policiers trouvent la porte fermée de l'intérieur, une situation inhabituelle. Les secours forcent alors la baie vitrée.

En progressant dans la maison, ils aperçoivent une lumière à l'étage, dans la salle de bains. C'est là qu'ils découvrent Marie-Louise, ensanglantée, avec l'homme allongé sur elle. Malgré l'intervention des secours, la retraitée ne peut être sauvée. Le suspect, lui, est vivant : il se serait endormi après avoir consommé une importante quantité d'alcool.

Selon les premiers éléments médico-légaux rapportés par La Dépêche, Marie-Louise aurait subi des violences sexuelles et des coups. Le suspect aurait également déplacé cette femme alitée dans plusieurs pièces de la maison, puis jusqu'à la salle de bains. La chronologie exacte et les circonstances de ces déplacements restent à éclaircir. Les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Toulouse l'interrogent : on ignore encore s'il connaissait la victime ou s'il savait que sa porte restait habituellement ouverte.

L'hypothèse du cambriolage, évoquée par les enquêteurs, paraît secondaire : la maison n'a pas semblé être fouillée. Ce qui s'est passé dans cette habitation ressemble moins à un vol qui a mal tourné qu'à une agression gratuite contre la proie la plus vulnérable qui soit : une vieille dame de 93 ans, incapable de se lever de son lit. La question de la protection des personnes âgées et isolées, déjà posée par plusieurs faits divers récents, revient ici avec une acuité terrible.

Un suspect déjà connu de la justice

Le profil du suspect, tel que décrit par La Dépêche, ne manquera pas d'alimenter le débat public. Ce ressortissant soudanais de 33 ans est sans domicile et déjà connu de la justice pour des faits de vol. C'est là le point qui dérange et qui doit être posé sans détour : quand un étranger démuni, déjà passé par les radars judiciaires, se retrouve en totale errance dans les rues d'une grande ville française, à quel moment l'autorité publique est-elle censée intervenir ?

La question n'est pas polémique pour le plaisir, elle est concrète. La situation des étrangers sans domicile, dont une partie relève de procédures d'asile rejetées ou jamais abouties, est un angle mort des politiques publiques. Ni l'éloignement effectif des personnes en situation irrégulière ni le suivi des délinquants de nationalité étrangère ne fonctionnent à la hauteur des risques. Chaque fait divers de cette nature, et celui-ci en est un exemple extrême, vient rappeler que l'impréparation de l'État sur ce terrain a un coût, payé ici par une femme qui n'avait rien demandé.

On répondra que tout suspect bénéficie de la présomption d'innocence, et c'est exact. Les auditions ne font que commencer, les causes du décès ne sont pas établies, et l'enquête dira ce qui s'est réellement passé. Mais cela ne dispense personne de s'interroger sur les conditions qui ont rendu cette rencontre possible : un homme connu des services, à la rue, alcoolisé, qui pénètre chez une personne vulnérable sans que rien ne l'arrête.

« La petite grand-mère du quartier »

Dans le quartier Bourbaki, l'émotion était vive quelques heures après le drame. Marie-Louise était une figure familière, installée là depuis très longtemps. « Cette dame avait toujours vécu ici, avant elle occupait la maison en face », témoignait un voisin auprès de La Dépêche. « C'était la petite grand-mère du quartier », ajoutait un autre. Un voisin de l'habitation mitoyenne peinait à réaliser : « C'est affreux, elle m'a vu naître, on lui faisait ses courses ».

Ces témoignages disent une réalité qui va au-delà du fait divers : la solidarité de proximité, celle qui faisait que la porte restait ouverte et que les voisins faisaient les courses, est une richesse fragile. Elle repose sur une confiance de base, précisément celle que ce type de drame vient briser. Demain, dans ce quartier et dans tant d'autres, les portes se fermeront à clé, les anciens vivront un peu plus reclus, un peu plus méfiants.

Ce que cette affaire devrait interroger

L'enquête, menée par la DCOS, devra établir le déroulé précis des faits et la qualification judiciaire qui en découlera. Mais au-delà du cas judiciaire, ce drame pose des questions que l'on ne saurait éluder éternellement. Comment protège-t-on effectivement nos aînés isolés ? Pourquoi des étrangers déjà connus de la justice et sans aucune ressource peuvent-ils errer durablement sans que leur situation soit réglée ? Et jusqu'à quand les pouvoirs publics traiteront-ils ces sujets comme des tabous plutôt que comme des problèmes d'ordre public ?

Marie-Louise avait 93 ans. Elle a survécu à presque un siècle d'histoire de France. Elle aurait dû finir ses jours en paix, entourée de ses proches et de ce voisinage qui l'aimait. Que justice soit faite, pleinement et sans laxisme, est désormais le minimum que la société lui doit.

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