Propos antisémites prêtés à Bardella : Mathilde Panot monte au créneau contre le RN
Par Roman Thill
Dans une vidéo publiée sur Facebook, Mathilde Panot réagit à des révélations visant Jordan Bardella et affirme qu'une cravate ne suffit pas à laver l'héritage antisémite du RN.
Mathilde Panot a choisi Facebook pour riposter. Dans une vidéo publiée ce week-end sur le réseau social, la députée et présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale réagit à des révélations visant Jordan Bardella, accusé de propos antisémites. « Nous ne sommes guère étonnés des révélations sur Jordan Bardella : une cravate ne lave pas de l'antisémitisme », écrit-elle en légende de sa publication, déjà vue plusieurs milliers de fois.
Une attaque frontale contre la stratégie de dédiabolisation
Dans cette vidéo, la cheffe des députés insoumis s'en prend directement à la stratégie de normalisation du Rassemblement national. Elle évoque notamment des écrits anciens du président du RN, affirmant que « dès 2013 il avait théorisé » des positions relevant de cette veine, sans que l'extrait disponible ne permette d'en préciser davantage la teneur exacte. Le message est clair : derrière le costume-cravate et la discipline affichée du parti de Marine Le Pen, l'héritage historique du mouvement demeurerait intact.
Que des accusations d'antisémitisme contre une figure de premier plan du RN soient prises au sérieux et examinées, c'est légitime dans une démocratie où ce poison reste un sujet grave. Le passé du Front national, son histoire et certaines de ses dérives passées justifient une vigilance réelle, et la droite républicaine n'a jamais cessé de la rappeler.
L'insoumise en posture morale : un angle mort gênant
Reste la question du messager. Mathilde Panot se pose en garde-fou contre l'antisémitisme, alors que sa propre formation, La France insoumise, a été mise en cause à de multiples reprises sur ce terrain, notamment depuis le 7 octobre 2023. Des élus de gauche, y compris au sein de l'ancienne union Nupes, ont publiquement dénoncé des ambiguïtés et des propos problématiques dans les rangs insoumis. Cette posture morale, sans un mot d'autocritique, fragilise singulièrement la démonstration.
Difficile aussi de ne pas y voir un calcul politique. A quelques mois d'échéances décisives, LFI a tout intérêt à recentrer le débat sur la dangerosité supposée du RN plutôt que sur ses propres fractures internes et sa ligne clivante, qui l'isole de plus en plus à gauche. Pointer l'extrême droite reste le meilleur ciment d'un camp qui se cherche.
Sur le fond, l'électeur tranchera. Mais la lutte contre l'antisémitisme mérite mieux qu'un maniement sélectif, où l'on excipe l'histoire d'un parti adverse quand on refuse de regarder les dérives du sien. C'est cette constance-là, et non les vidéos de circonstance, qui fait la crédibilité d'un combat républicain.
Partenaires
Vous pourriez aussi aimer
Suite



