Adèle Exarchopoulos promet de « tout faire pour faire barrage au RN » à l'approche de la présidentielle
Par Clarence Azolina
Interrogée par Le Parisien à l'occasion de la sortie du film Garance de Jeanne Herry, l'actrice Adèle Exarchopoulos a affirmé qu'elle ferait « toujours barrage au RN », qualifiant le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella de formation de « division et de haine ».

Une prise de position en pleine promotion
À huit mois de l'élection présidentielle, Adèle Exarchopoulos n'a pas attendu qu'on lui pose deux fois la question. Interrogée par Le Parisien à l'occasion de la sortie en salles de Garance, le nouveau film de Jeanne Herry attendu le mercredi 23 septembre, la comédienne de 32 ans a déclaré vouloir « tout faire pour faire barrage au RN ». Un engagement qu'elle assume sans détour : « C'est un parti dont les idéologies sont la division et la haine, et qui met en danger nos droits », a-t-elle expliqué, avant de conclure : « J'avoue que ça fait peur… Faut pas avoir honte de le dire ».
La formulation mérite d'être notée. Dire que le Rassemblement national « n'attise que la haine », c'est aussi, par ricochet, adresser un message aux millions d'électeurs qui ont porté le parti en tête des européennes de 2024 et du premier tour des législatives de la même année. Or un mouvement qui rassemble un électeur français sur trois ne se disqualifie pas par l'anathème : il se combat, si l'on veut le combattre, sur le terrain des réponses concrètes à l'insécurité, à l'immigration ou au pouvoir d'achat. C'est précisément ce débat que la rhétorique du « barrage » permet d'éviter depuis des années.
Un militantisme affiché de longue date
Cette sortie n'est pas une première pour l'actrice multicésarisée. En janvier 2026, sur le plateau de C à vous sur France 5, elle avait déjà exprimé sa vive inquiétude lors du premier tour des élections législatives, avant de saluer ce qu'elle avait décrit comme un sursaut citoyen. Elle affiche par ailleurs régulièrement sa sensibilité écologique : au début de l'année 2026, elle confiait avoir « beaucoup de respect et d'estime pour les gens qui arrivent à aligner leurs convictions et tout leur quotidien », citant les militantes Camille Étienne et Greta Thunberg.
On observera que ce positionnement politique intervient dans une séquence de promotion particulièrement dense. Adèle Exarchopoulos est à l'affiche de Garance, un film consacré aux ravages de l'alcoolisme chez la femme, aux côtés de Sara Giraudeau et Sarajeanne Drillaud. Elle devrait ensuite tourner dans Mariage au goût d'orange de Christophe Honoré, attendu le 9 décembre, et poursuit parallèlement une ascension internationale remarquable : elle a rejoint le casting du prochain Park Chan-wook, The Brigands of Rattlecreek, aux côtés d'Austin Butler et de Pedro Pascal, après un film annoncé avec Zoë Kravitz pour Apple. Difficile, dans ces conditions, de ne pas voir dans la médiatisation de ses convictions un ingrédient d'une image publique soigneusement entretenue, où la cause politique et l'agenda culturel se confondent volontiers.
Le « barrage », une antienne qui s'use
Reste la question de l'efficacité réelle de ce type de déclarations. L'histoire électorale récente n'est pas tendre avec les appels des artistes : les mobilisations du monde culturel contre le RN, des législatives de 2024 aux précédents scrutins, n'ont pas empêché le parti de Jordan Bardella d'installer durablement sa première place dans le paysage politique français. Le discours sur le « danger » et la « haine », répété depuis quarante ans, n'a manifestement pas convaincu les électeurs qui se détournent de la gauche et du centre. Il conforte en revanche ceux qui sont déjà convaincus.
La réception de l'interview en offre d'ailleurs une illustration immédiate : sous l'article du Figaro rapportant ces propos, plusieurs lecteurs ont fait part de leur scepticisme, l'un d'eux résumant le fond du problème : « On ne peut pas convaincre avec des anathèmes », regrette ce commentateur, qui aurait préféré « des arguments, s'appuyant sur des faits ou des propos » plutôt qu'une condamnation de principe. D'autres se contentent d'avouer qu'ils ne connaissent pas l'actrice, ce qui dit aussi quelque chose de l'écart entre la notoriété médiatique et l'ancrage populaire réel.
Un engagement qui interroge plus qu'il ne convainc
Qu'Adèle Exarchopoulos vote, milite et s'exprime est évidemment son droit le plus strict, et la sincérité de ses convictions n'a pas à être mise en doute. Mais quand une actrice en route pour une carrière hollywoodienne promet de « tout faire » pour barrer la route au premier parti de France, on est en droit de s'interroger sur la portée concrète de l'engagement. Faire barrage, en 2026, supposerait d'abord de comprendre pourquoi tant d'électeurs populaires, dont beaucoup partagent les inquiétudes écologiques ou sociales que l'actrice dit défendre, ont cessé d'écouter ce genre d'appels. C'est un travail de fond auquel ni les tribunes de people, ni les formules chocs en promotion de film ne se sont jamais substituées.
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