Guyancourt : des agriculteurs déversent de la terre devant le centre des impôts pour protester contre la hausse du carburant
Par Clarence Azolina
Ce 1er octobre, des agriculteurs ont déversé des mottes de terre et aspergé un liquide non identifié devant le centre des impôts de Guyancourt, dans les Yvelines, pour protester contre la hausse du prix des carburants.

Des tracteurs devant le fisc
Ils sont venus avec leurs tracteurs et leurs citernes. Ce jeudi 1er octobre, plusieurs agriculteurs se sont rassemblés devant le centre des impôts de Guyancourt, dans les Yvelines, pour y déverser des bennes de mottes de terre et asperger la façade du bâtiment d'un liquide non identifié à ce stade, rapporte Temps Réel 78. La scène, filmée par le journaliste Luc Auffret, montre plusieurs bennes déchargées devant l'entrée de l'administration fiscale.
L'objectif affiché : protester contre la hausse du prix des carburants, qui pèse directement sur les exploitations agricoles. Et le mouvement ne semble qu'à ses débuts : les agriculteurs « annoncent d'ores et déjà qu'ils vont durcir leur mouvement », précise le média local.
Le carburant, nerf de la colère
Le choix de la cible n'a rien d'anodin. En s'en prenant à un centre des impôts plutôt qu'à une préfecture ou à un rond-point, les agriculteurs visent frontalement l'État collecteur. Difficile d'y voir autre chose qu'une mise en cause de la fiscalité sur les carburants, ce levier que les gouvernements successifs ont utilisé au nom de la transition écologique, sans jamais vraiment mesurer ce qu'il coûte aux professions qui dépendent du diesel pour travailler.
L'agriculteur ne choisit pas son tracteur comme le citadin choisit son mode de transport. Le gasoil non routier est un outil de production : chaque centime de hausse se répercute sur les marges d'exploitations déjà fragilisées. Quand la parole publique prône la sobriété, elle oublie trop souvent que certaines consommations ne sont pas compressibles, sauf à tuer l'activité elle-même.
Une colère qui dépasse le monde agricole
Le fait n'est pas isolé. Comme le relève Temps Réel 78, « il n'y a pas que les lycéens qui sont en colère aujourd'hui ». Cette simultanéité des mobilisations, scolaires d'un côté, agricoles de l'autre, dessine un climat social tendu où les mécontentements convergent sans forcément se rejoindre politiquement.
Pour l'exécutif, le signal mérite d'être pris au sérieux. La dernière fois que la question du prix du carburant a embrasé la France, en 2018, elle a débouché sur la crise des Gilets jaunes, un mouvement que le pouvoir de l'époque avait sous-estimé jusqu'à ce qu'il soit trop tard. S'il serait prématuré de comparer les deux situations, la mécanique est connue : une hausse perçue comme imposée d'en haut, des professions qui se sentent incomprises, et une colère qui trouve ses symboles, terre déversée devant le fisc en tête.
Reste à savoir si l'État répondra autrement que par l'attentisme. Les agriculteurs, eux, ont déjà prévenu : la suite sera plus dure.
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